
Il est clair que les gens qui demandent une « transition juste et nécessaire » des combustibles fossiles aux énergies renouvelables se soucient davantage des travailleuses et travailleurs que les gens qui soutiennent les combustibles fossiles. (Photo : Kristian Buus via Climate Visuals)
Les emplois disparaissent dans les secteurs du charbon, du pétrole et du gaz. Ce n’est pas seulement parce que nous avons beaucoup d’autres moyens plus efficaces, rentables et moins polluants de fournir de l’énergie à nos sociétés, bien que cela soit une des principales raisons. L’automatisation, l’intelligence artificielle et la consolidation de l’industrie réduisent déjà le nombre d’emplois disponibles dans le secteur des combustibles fossiles, et la tendance s’accélère (source en anglais).
Au Canada, malgré une augmentation de 35 % de la production de pétrole et de 24 % de la production de gaz « naturel » au cours des cinq dernières années, l’industrie des combustibles fossiles a perdu 38 000 emplois, soit moins de 1 % de la main-d’œuvre, rapporte le Centre for Future Work (source en anglais).
L’industrie ainsi que les figures politiques et les médias qui les soutiennent se soucient peu des emplois ou des personnes, même s’ils disent le contraire. Les machines et les ordinateurs ne nécessitent pas de formation, ne demandent pas de salaires et d’avantages sociaux équitables, ne prennent pas de journées de maladie et ne blessent pas au travail.
Les obstacles qui entravent le développement des énergies renouvelables, ainsi que le soutien et les subventions que reçoivent les combustibles fossiles, ne sont pas seulement une attaque contre des sources d’énergie plus sûres et moins polluantes; ils sont aussi une attaque contre la main-d’œuvre.
Pour démontrer le peu de considération que les personnes favorables aux combustibles fossiles, en particulier en politique, ont pour les travailleuses et travailleurs, rappelons-nous leurs tentatives de bloquer la transition nécessaire vers les énergies renouvelables, qui génèrent déjà beaucoup plus d’emplois.
L’administration Trump aux États-Unis en est un exemple évident, mais nous l’avons aussi vu avec les gouvernements de l’Alberta et de la Saskatchewan, divers partis politiques provinciaux et fédéraux au Canada, au Royaume-Uni et ailleurs (sources en anglais). Les obstacles qui entravent le développement des énergies renouvelables, ainsi que le soutien et les subventions que reçoivent les combustibles fossiles, ne sont pas seulement une attaque contre des sources d’énergie plus sûres et moins polluantes; ils sont aussi une attaque contre la main-d’œuvre.
Selon le Pembina Institute, la pause sur les projets d’énergie renouvelable par le gouvernement de l’Alberta en 2023 a touché 118 projets d’une valeur d’au moins 33 milliards de dollars en investissements, ce qui aurait créé suffisamment d’emplois pour employer 24 000 personnes pendant un an. Plus récemment, ATCO Ltd, une entreprise de Calgary âgée de 79 ans, a accusé les politiques du gouvernement de l’Alberta pour la dévaluation de 408 millions de dollars de ses projets éoliens et solaires dans la province (sources en anglais).
Il est clair que les gens qui demandent une « transition juste et nécessaire » des combustibles fossiles aux énergies renouvelables se soucient davantage des travailleuses et travailleurs que les gens qui soutiennent les combustibles fossiles et qui priorisent les profits et le financement politique.
Outre-mer, comme l’explique l’écrivain George Monbiot dans The Guardian, la Confederation of British Industry, une institution conservatrice, a constaté que « l’économie carboneutre emploie maintenant plus de 300 000 travailleuses et travailleurs à temps plein, tout en soutenant les emplois de 1,1 million d’autres » et que le secteur, en croissance constante, représente 100 milliards de livres sterling pour le Royaume-Uni. « Le reste du secteur de l’économie verte emploie directement 600 000 personnes supplémentaires. »
Il ajoute : « En octobre, le gouvernement a annoncé son intention de créer 400 000 emplois supplémentaires grâce à son plan sur l’énergie verte, en particulier pour les personnes qui quittent l’industrie des combustibles fossiles, les jeunes qui sortent de l’école, les ex-délinquant·es, les vétéran·es et les chômeur·ses. » En 2023, l’industrie pétrolière et gazière du pays n’employait que 27 500 personnes et en soutenait 205 000.
C’est la même chose partout. En effet, plusieurs pays accélèrent le développement des énergies renouvelables pour tenter de se libérer des marchés des combustibles fossiles de plus en plus volatils, car ils sont étouffés par les conflits au Moyen-Orient et en Russie-Ukraine et soumis à des pénuries et à un contrôle monopolistique.
Aux États-Unis, malgré les tentatives du président Trump de stimuler ce qu’il appelle, de façon totalement grotesque, « le beau charbon propre », l’énergie solaire a généré plus d’énergie que le charbon pour la première fois au mois de mai, fournissant ainsi 12,8 % contre 12,2 % pour le charbon (sources en anglais).
Malgré une baisse récente des investissements dans les énergies renouvelables aux États-Unis en raison des renversements de politiques et du soutien aux combustibles fossiles, le secteur croît plus rapidement que tout autre secteur économique. Le World Resources Institute rapporte que « le nombre d’emplois dans le secteur des énergies propres a augmenté de près de 12 %, passant de 3,2 millions de travailleuses et travailleurs en 2021 à 3,6 millions à la fin de 2024. Partout au pays, 22 travailleuses et travailleurs sur 1 000 occupaient des postes liés à l’énergie propre en 2024. Au cours de la même période, le marché du travail en général aux États-Unis n’a augmenté que de 8 % » (source en anglais).
L’évolution vers de meilleurs emplois dans le secteur des énergies renouvelables doit s’accompagner d’une évolution de notre conception de l’emploi.
Il est clair que les gens qui demandent une « transition juste et nécessaire » des combustibles fossiles aux énergies renouvelables se soucient davantage des travailleuses et travailleurs que les gens qui soutiennent les combustibles fossiles et qui priorisent les profits et le financement politique.
L’évolution vers de meilleurs emplois dans le secteur des énergies renouvelables doit s’accompagner d’une évolution de notre conception de l’emploi. Pour commencer, nous devons réaliser que la semaine de travail de cinq jours et de 40 heures est aussi dépassée que les sources d’énergie qui l’ont alimentée.
Nous devons également veiller à ce que les personnes qui travaillent dans l’industrie des combustibles fossiles, tout comme beaucoup d’autres, puissent bénéficier d’une formation adéquate, de salaires et d’avantages sociaux satisfaisants et de diverses possibilités de participer à l’avènement d’un avenir plus propre, plus sain et plus prospère.