Les bombes, les incendies et les émissions des machines de guerre, ainsi que les navires et usines détruits et incendiés, polluent l’eau, l’air et la terre. (Photo : Jeff Kingma via Unsplash)

La guerre! À quoi ça sert? Pour la plupart d’entre nous, la réponse est « absolument rien », comme Edwin Starr l’a chanté dans sa chanson à succès de 1970, intitulée « War ». Mais à qui profite-t-elle, là est la question. Certainement pas aux nombreuses personnes tuées, blessées et mutilées qui voient leur famille et leur vie brisées, leurs maisons et leurs infrastructures détruites et qui subissent les effets de traumatismes pendant des années. Et certainement pas à l’environnement non plus; les bombes, les incendies et les émissions des machines de guerre, ainsi que les navires et usines détruits et incendiés, polluent l’eau, l’air et la terre.

Mais elle profite aux banques, aux compagnies pétrolières, aux fabricants d’armes, aux politicien·nes corrompu·es, aux personnes qui parient sur les marchés de prédiction et à celles qui commettent des délits d’initié·es (sources en anglais).

The Guardian rapporte que les banques étatsuniennes ont récolté près de 50 milliards de dollars de profit au cours des trois premiers mois de 2026, alors que la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran secouait les marchés boursiers. Pendant le premier mois de la guerre, avec la flambée des prix du pétrole, les 100 compagnies pétrolières les plus importantes au monde ont récolté 30 millions de dollars par heure! Les compagnies en ayant le plus profité sont l’entreprise saoudienne Aramco, l’entreprise russe Gazprom et l’entreprise étatsunienne ExxonMobil, les principaux opposants mondiaux à l’action climatique (sources en anglais).

Pendant ce temps, l’inflation nous frappe de plein fouet, car la volatilité des prix et les pénuries de pétrole et de gaz entraînent une hausse des prix dans tous les secteurs, du carburant à l’épicerie en passant par les médicaments.

Une enquête de la BBC sur les données de volume des échanges commerciaux a révélé « une tendance constante de hausses se produisant quelques heures, voire quelques minutes, avant une publication sur les médias sociaux ou une entrevue dans les médias » concernant les politiques et les événements au Moyen-Orient, au Venezuela et ailleurs par le président des États-Unis Donald Trump. Le prix du pétrole chutait drastiquement et le prix des actions augmentait en flèche à la suite de ces annonces (source en anglais). Est-ce que certaines personnes obtenaient des informations privilégiées? Nous ne pouvons que spéculer.

Les fabricants d’armes tels que Lockheed Martin ont connu des hausses spectaculaires du cours des actions et une augmentation des contrats gouvernementaux en raison des guerres (source en anglais).

Pendant ce temps, l’inflation nous frappe de plein fouet, car la volatilité des prix et les pénuries de pétrole et de gaz entraînent une hausse des prix dans tous les secteurs, du carburant à l’épicerie en passant par les médicaments. Nous avons tout de même de la chance de ne pas être au beau milieu des conflits sanglants en Russie-Ukraine, au Moyen-Orient et ailleurs.

Il est peut-être vrai que les guerres sont parfois justifiées, comme l’ont souligné les évêques catholiques en réponse aux attaques du président Trump contre l’Église et le pape, si elles sont « déclarées en légitime défense, après que tous les efforts de paix ont échoué ». Mais l’administration des États-Unis n’est même pas en mesure d’être cohérente dans les raisons justifiant sa participation à la guerre contre l’Iran, et a également offert diverses excuses pour ses récentes attaques contre le Venezuela.

Nous avons tout de même de la chance de ne pas être au beau milieu des conflits sanglants en Russie-Ukraine, au Moyen-Orient et ailleurs.

Au lieu de prier et de travailler « en faveur d’une paix durable tout en évitant les maux et les injustices qui accompagnent toutes les guerres », comme les évêques l’ont demandé, des membres de l’administration étatsunienne, comme l’ancien animateur de Fox et l’actuel secrétaire à la Défense Pete Hegseth, ont prié pour « une violence extrême contre celles et ceux qui ne méritent aucune pitié » (source en anglais).

Les États-Unis ont affirmé, sans preuve, que leurs attaques contre le Venezuela et contre de petits bateaux dans les eaux voisines visent à mettre un terme au trafic de drogue dont ils accusent ce pays. Quelques membres de l’administration étatsunienne ont admis que les attaques sont plutôt reliées au pétrole et un petit nombre n’ont pas caché leur désir qu’un gouvernement plus pro-États-Unis prenne les commandes.

En ce qui concerne la guerre contre l’Iran, « l’administration Trump n’a toujours pas été en mesure d’offrir une réponse cohérente. Certaines réponses se contredisent, et d’autres contredisent Donald Trump lui-même. D’autres réponses, livrées à quelques heures d’intervalle par des hauts fonctionnaires, sont carrément incompatibles », rapporte The Guardian. Elles comprennent la destruction des missiles et des programmes nucléaires iraniens, la légitime défense, l’aide à Israël à réaliser ses objectifs et même le renversement du régime.

Les impacts horribles persisteront pendant des générations.

Quelles que soient les raisons invoquées, certaines personnes récoltent d’énormes profits et d’autres espèrent en bénéficier en faisant oublier les scandales au sein même du pays. Pendant ce temps, trop de gens continuent de souffrir et de mourir. Les impacts horribles persisteront pendant des générations.

Tout cela démontre bien l’absurdité d’un système économique alimenté par le pétrole et le gaz dans lequel les profits et le pouvoir sont vénérés en ignorant totalement les coûts énormes pour les gens, les animaux, l’environnement et tout ce que nous avons créé pour améliorer notre brève existence, des œuvres d’art aux infrastructures.

L’un des rares points positifs au milieu de cette effusion de sang et de ce chaos est l’accélération de la transition vers les énergies renouvelables, alors que de nombreux pays souhaitent se distancer de l’instabilité géopolitique et économique engendrée par la dépendance aux combustibles fossiles (source en anglais). Mais il ne devrait pas être obligatoire de passer par les guerres pour enfin faire ce qui est juste et nécessaire.

Comme le chantait Edwin Starr, « la vie est beaucoup trop courte et précieuse pour faire la guerre en ce moment. La guerre ne peut pas donner la vie; elle ne peut que l’enlever. »