Notre histoire

Un nouveau paradigme

L’histoire de la Fondation commence en 1989, lorsque dans le cadre de la série primée It’s a Matter of Survival qu’il anime à la radio CBC, David Suzuki lance un cri d’alarme sur l’état de la planète. La communauté scientifique avait démontré l’impact croissant – et néfaste –sur la planète de l’être humain, plus que toute autre espèce et comme jamais dans l’Histoire. Il devenait de plus en plus évident qu’il nous fallait changer certaines habitudes, notre mode de consommation et notre approche à l’égard de la nature.

Plus de 17 000 auditeurs troublés ont écrit à David Suzuki pour lui demander comment faire pour éviter la catastrophe annoncée. Un mouvement était né.

Les racines de la Fondation sont là, dans cet unique et transformateur virage et le nouveau paradigme qui en est issu : le respect de la nature et la reconnaissance de notre interdépendance à son égard doivent être au sommet des priorités de notre espèce.

Les solutions sont dans notre nature

Dans la foulée de cette série radiophonique et face à la réaction du public, David Suzuki et Tara Cullis ont réuni en novembre 1989 une dizaine de penseurs et d’activistes sur l’île Pender, en Colombie-Britannique. Le groupe a conclu de ses discussions qu’il fallait créer un nouvel organisme centré sur la recherche de solutions à la crise environnementale. La Fondation David Suzuki était créée le 14 septembre 1990.

Les premiers projets se sont intéressés aux pêcheries, à la foresterie, aux espèces en péril, aux pesticides et à la dimension économique du concept de durabilité. La jeune fondation a également mené des actions à l’échelle internationale, et réalisé plusieurs projets avec des communautés autochtones de la côte Ouest du Canada.

  • Protection du saumon avec les Ainus du Japon
  • Partenariat avec des communautés autochtones de la Colombie sur des questions de pérennité
  • Collaboration avec le peuple Kayapo en Amazonie brésilienne, pour la protection de leurs terres contre le développement (dans le cadre d’un vaste projet qui a permis la protection de la plus vaste superficie forestière protégée par un seul groupe autochtone – 28,4 millions d’acres / 11,5 millions d’hectares)
  • Travaux de recherche entourant un projet controversé de barrage en Australie
  • Collaboration avec le peuple Hesquiat de l’île de Vancouver pour la restauration d’une pêcherie de palourdes
  • Construction de maisons de paille et autres infrastructures essentielles avec les communautés de la nation Tsilhqot’in de la vallée Nemiah en Colombie-Britannique
  • Soutien à la cause portée devant les tribunaux et qui a mené à l’historique jugement de reconnaissance des titres de la nation Tsilhqot’in en 2014
  • Partenariat avec les membres de la Première Nation Musqueam pour le lancement du projet de restauration du bassin versant Musqueam, qui a permis la revitalisation d’une rivière à saumon
  • Contribution au lancement de l’ambitieux projet Pacific Salmon Forests Project, mené avec les communautés des côtes du centre et du nord de la Colombie-Britannique et Haida Gwaii

Dans chacun de ces projets, la Fondation a travaillé en partenariat avec les communautés locales afin de mettre au point de nouveaux et durables modèles de développement économique et social. Nous avons appris de l’histoire et des enseignements des Premières Nations qu’ils nous offrent la possibilité d’apprendre à devenir de bons gardiens de nos terres et de nos eaux. Et nous avons encore beaucoup à apprendre.

Avec le temps, le travail de la Fondation s’est étendu, notamment par une attention accrue au besoin urgent de s’attaquer aux changements climatiques induits par l’activité humaine. En 1996, la Fondation avait déjà publié cinq rapports en vue de la conférence de Kyoto de 1997. En 2002, son action avait réussi à pousser le Canada à signer l’Accord de Kyoto.

Faire passer le message

À l’échelle d’une société, l’évolution commence par l’éducation et la conscientisation.

Outre son activisme et son travail sur le terrain auprès des communautés, la Fondation a collaboré avec le David Suzuki Institute et Greystone Books pour publier quelque 60 ouvrages, dont plusieurs ont reçu des prix au Canada et à l’étranger.

La Fondation a écrit et publié, dans le cadre du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro de 1992 mené sous l’égide des Nations Unies, un texte essentiel intitulé Déclaration d’interdépendance. Prière du cœur en faveur de la protection de la planète et appel au peuple humain à se faire gardien de la Terre, la Déclaration d’interdépendance a tissé le fil conducteur qui a guidé les premières années de la Fondation. Des segments de cette déclaration ont été intégrés dans la Charte de la Terre, qui continue de rallier de nouveaux adhérents encore aujourd’hui.

La Fondation met à profit toutes les tribunes que proposent les médias traditionnels et nouveaux pour sensibiliser la communauté humaine aux enjeux environnementaux les plus criants, et proposer des outils pour agir. Au quotidien, les communications en ligne rejoignent quelque 300 000 personnes, et ce nombre ne cesse de croître.

Pour une nouvelle génération de gardiens de la Terre

Depuis 1990 — grâce au soutien de ses donateurs, partenaires, bénévoles et employés – la Fondation David Suzuki démontre que la science et le savoir traditionnel peuvent s’allier pour nous ouvrir la voie, et que nous pourrons, en nous alliant à notre tour, réaliser de formidables avancées dans notre recherche de solutions aux enjeux environnementaux auxquels nous sommes tous confrontés.

Aujourd’hui, le travail et l’action de la Fondation s’articulent autour de trois axes prioritaires:

01

Droits environnementaux 

donner aux citoyens les moyens d’agir dans leur communauté, en faisant du droit de chaque citoyen du Canada de vivre dans un environnement sain un droit constitutionnel.

02

Biodiversité 

protection et revitalisation des espèces et des habitats, face à la perte sans précédent de la biodiversité que connaît et qui menace notre planète.

03

Solutions climatiques 

accélérer notre passage à une nouvelle ère d’énergies renouvelables et de prospérité collective.

David Suzuki et Tara Cullis ont façonné depuis les années 1990 ce qui constitue l’essence même de la Fondation. Aujourd’hui, leurs filles Severn et Sarika reprennent le flambeau et jouent un rôle essentiel au sein du conseil d’administration. 

Elles veilleront ainsi à ce que se poursuive l’action de la Fondation dans l’esprit que leur ont insufflé ses fondateurs :

Donner aux citoyens les moyens d’agir sur leur terrain. Miser sur l’action collective de groupes complémentaires pour changer le cours des choses. C’est tous ensemble que nous sauvegarderons les gens et les lieux qui nous tiennent à cœur.

Nous sommes Un monde. Une Nature.

«Nous sommes fières, Sarika et moi, de reprendre le flambeau de la Fondation créée par nos parents en poursuivant notre action au sein du conseil d’administration de la Fondation, et en continuant comme bénévoles de faire passer le message qu’il existe des solutions aux enjeux environnementaux auxquels nous faisons face. Des centaines de milliers de citoyens du Canada ont cru à la Fondation créée par nos parents et ils ont contribué à en faire ce qu’elle est devenue aujourd’hui, un organisme qui redonne le pouvoir au citoyen engagé auprès de sa communauté, qui n’a de cesse que le gouvernement fédéral prévoie dans son budget des mesures pour contrer les changements climatiques, qui appelle la protection de l’eau potable partout au Canada et la culture de plantes qui pourront empêcher les abeilles de disparaître, etc. Ces centaines de milliers de personnes continuent de nous inspirer et de nourrir notre enthousiasme et notre détermination. » – Severn Suzuki