
La fermeture du détroit d’Ormuz représente à elle seule « la plus grande perturbation de l’approvisionnement en pétrole de l’histoire ». (Photo : NASA via Wikimedia Commons)
Plus vite le monde abandonnera l’énergie au charbon, au pétrole et au gaz, plus ce sera bénéfique pour tout le monde. Nous pourrons voir une réduction des impacts sur le climat et la pollution, une volatilité des prix et de l’approvisionnement en énergie réduite, un écart de richesse moins important et moins de conflits internationaux.
« Mais nous ne pouvons pas abandonner les combustibles fossiles du jour au lendemain », disent les gens depuis des lunes! Nous devons pourtant commencer quelque part, à un moment donné — et nous l’avons fait. L’énergie éolienne, solaire et géothermique, combinée à des technologies et des capacités de stockage d’énergie en constante amélioration, se développe rapidement dans le monde entier et les prix continuent de baisser. Les gens commencent à voir clair dans le jeu des politicien·nes qui agissent en faveur des oligarques des combustibles fossiles plutôt qu’en faveur des citoyen·nes (source en anglais).
La révolution des énergies renouvelables est en cours depuis de nombreuses années, et elle est récemment passée à la vitesse supérieure, en partie à cause des guerres et des conflits qui sont alimentés par et affectent les approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz de façon importante.
Cela demeure cependant un choix que les compagnies de combustibles fossiles et les personnes qui les soutiennent dans les sphères politique et médiatique essaient désespérément de faire pencher en leur faveur, et nous avons pris beaucoup de retard par rapport à ce que nous aurions pu et aurions dû réaliser jusqu’à maintenant.
Un rapport du groupe de réflexion mondial sur l’énergie Ember établit des parallèles entre les chocs pétroliers des années 1970 et la crise énergétique actuelle causée par les guerres et les blocus. La fermeture du détroit d’Ormuz représente à elle seule « la plus grande perturbation de l’approvisionnement en pétrole de l’histoire ». Mais il y a une différence : « Pour la première fois, il existe des options évolutives et économiques. Le solaire, l’éolien, les batteries, les VÉ et autres électrotechnologies offrent une voie pour se libérer définitivement de la dépendance aux énergies fossiles » (source en anglais).
Cela demeure cependant un choix que les compagnies de combustibles fossiles et les personnes qui les soutiennent dans les sphères politique et médiatique essaient désespérément de faire pencher en leur faveur, et nous avons pris beaucoup de retard par rapport à ce que nous aurions pu et aurions dû réaliser jusqu’à maintenant. C’est particulièrement important à un moment où un super El Niño, un phénomène météorologique causé par les températures chaudes dans l’océan Pacifique équatorial, devrait se combiner avec un réchauffement planétaire qui dépasse déjà les records pour créer des conditions et des impacts météorologiques encore plus instables et extrêmes.
Ce n’est pas de bon augure.
Mais il pourrait y avoir un bon côté. Comme l’auteur et écologiste Bill McKibben le prédit avec optimisme dans l’une de ses superbes chroniques, « les ravages provoqués par un super El Niño coïncideront avec les ravages provoqués par Trump dans le Golfe pour produire une tempête parfaite qui suscitera un soutien à une action rapide pour l’abandon des combustibles fossiles ». Il indique cependant que « ma principale crainte est que ce moment opportun arrive très tardivement » (source en anglais).
[…] il n’est pas logique de continuer à brûler des combustibles fossiles.
Le rapport publié par Ember note qu’il est plus facile que jamais de perturber l’approvisionnement en pétrole et en gaz. « Un drone de 20 000 dollars peut arrêter net un pétrolier qui vaut 150 millions de dollars », indique le rapport, ajoutant que les États-Unis, désormais exportateurs nets de combustibles fossiles, « sont passés de protecteur à perturbateur », créant une « vulnérabilité stratégique évidente » pour les importateurs.
Avec l’énergie solaire et le stockage coûtant à peine peu plus d’un tiers du coût de l’énergie provenant du gaz naturel liquéfié (60 $ US par mégawattheure contre 160 $ US), et les véhicules électriques devenant compétitifs par rapport aux voitures à essence au prix courant (avec des coûts d’exploitation beaucoup plus faibles de surcroît), il n’est pas logique de continuer à brûler des combustibles fossiles.
Ember rapporte que le GNL « connaît le même sort que le pétrole dans les années 1970 : il est cher, précaire et compromis par une concurrence moins dispendieuse ».
Comme le mentionne McKibben, la lumière du soleil parcourt 93 millions de kilomètres pour atteindre la Terre, dont aucun ne se trouve dans le détroit d’Ormuz. Comme les technologies, y compris l’énergie éolienne et solaire, ne nécessitent pas d’approvisionnement en carburant volatil et en diminution, elles ont « des coûts de fonctionnement quasi nuls » (source en anglais).
Nous devons changer les systèmes énergétiques, mais nous devons aussi changer notre mentalité de surconsommation.
Le rapport d’Ember examine également les délais. La construction des centrales nucléaires et des champs pétrolifères peut prendre une décennie, ce qui représente un coût monétaire et environnemental considérable. « Une centrale solaire prend 18 mois. Un système sur un toit ne prend que quelques semaines. Un véhicule électrique peut être acheté et conduit dès maintenant. »
Les économies réalisées en carburant automobile sont considérables à elles seules. « Remplacer les importations de pétrole destinées au transport routier par des véhicules électriques permettrait aux importateurs d’économiser plus de 600 milliards de dollars par an; il s’agit du principal levier dont dispose un pays pour réduire sa facture associée aux importations », explique Ember.
Mais nous devons quand même modifier nos habitudes de consommation. Remplacer les deux milliards de voitures personnelles à essence et diesel qui sont actuellement sur la route par des véhicules électriques signifierait simplement « échanger un ensemble de problèmes contre un autre », écrit Vince Beiser dans son livre Power Metal, en raison des matériaux et des métaux nécessaires à la production de tous les véhicules (source en anglais).
Nous devons changer les systèmes énergétiques, mais nous devons aussi changer notre mentalité de surconsommation. Les nombreuses crises d’origine humaine auxquelles nous faisons face le démontrent de plus en plus clairement.