
Un emballage de condom à la poubelle, une collection de jouets sexuels qu’on renouvelle trop souvent et de longues heures passées devant de la porno en ligne sont toutes des pratiques sexuelles qui ont un impact sur l’environnement. Heureusement, il existe plusieurs façons de rendre votre sexualité plus responsable. En voici au moins cinq.
Cet article a été rédigé en partenariat avec le Club Sexu, un organisme à but non lucratif spécialisé dans la création de contenu sur la sexualité. La majorité des sources citées dans cet article sont en anglais.
1. Des accessoires sexuels responsables : tout sauf accessoire
En plus d’avoir un impact sur notre santé, la composition de certains jouets sexuels peut aussi avoir des conséquences sur l’environnement. C’est le cas des jouets qui contiennent des phtalates, des produits chimiques utilisés pour rendre le plastique plus souple et difficile à casser – pratique sous la couette, mais un peu moins pour l’environnement.
Des études révèlent d’ailleurs que les phtalates peuvent perturber le système endocrinien et même engendrer des problèmes de fertilité et de développement chez les personnes y étant grandement exposées. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’Union européenne et certains pays comme le Canada, le Japon, les États-Unis, l’Australie et la Chine ont restreint ou réglementé certains types de phtalates.
Que vos accessoires sexuels en contiennent ou pas, il existe plusieurs façons de limiter votre impact environnemental :
Augmenter la durée de vie de vos accessoires sexu
Limiter sa consommation demeure la meilleure façon de réduire son empreinte environnementale. Et qui dit réduction de consommation dit aussi augmentation de la durée de vie d’accessoires sexuels comme les jouets, les condoms et les lubrifiants.
Laver vos jouets en suivant à la lettre les instructions d’entretien, ranger vos accessoires sexuels de façon sécuritaire et hygiénique dans un endroit frais et sec, à l’abri de la chaleur, de la lumière et de l’humidité et ne pas en faire d’autre utilisation que ce qui est recommandé par le fabricant (par exemple, certains lubrifiants peuvent endommager certains jouets) permet de faire durer le plaisir.
Vérifiez toujours les dates de péremption pour vous assurer de leur efficacité et de leur innocuité.
Acheter mieux
Côté lingerie, même si l’achat d’une nouvelle tenue peut paraître excitant, il est important de vous demander si vous en avez vraiment besoin (Allô Pierre-Yves McSween!) et si vous porterez celle-ci plusieurs fois. Si les réponses sont oui, privilégiez les options respectueuses de l’environnement et de l’être humain comme des sous-vêtements fabriqués localement à partir de matières biodégradables comme le coton ou la soie. Les mêmes questions valent aussi pour l’achat de jouets (priorisez les options en verre, en métal, en bois traité ou en matériaux recyclés, qui sont rechargeables et qui proviennent d’entreprises locales limitant le transport et le suremballage) et de lubrifiants (vivement les lubrifiants naturels!). Parce qu’ils durent généralement plus longtemps, les jouets en silicone, même s’ils ne sont pas biodégradables ou recyclables, sont aussi une meilleure option au plastique.
Je recycle, tu recycles, nous recyclons
On vous rassure tout de suite : l’idée n’est pas de donner ses jouets au ou à la suivant·e, mais bien de les recycler par l’intermédiaire de programmes pensés spécialement pour ça. (Mais, attention! Avant de donner vos accessoires sexuels, il est important de bien faire vos recherches. Certains programmes prétendent être plus responsables qu’ils ne le sont réellement.)
2. Moins de vidéo, plus de porno sous toutes ses formes
L’écoute de vidéos pornographiques représenterait à elle seule environ 27 % de la pollution liée à l’écoute de vidéos en ligne et serait responsable de la production d’environ 80 millions de tonnes de CO2 par an.
Comment réduire votre empreinte de ce côté? C’est simple : en diversifiant votre consommation de porno en intégrant des options moins énergivores à vos moments de plaisir. Par exemple, plutôt que de consommer exclusivement de la vidéo, vous pourriez essayer la littérature érotique ou encore la pornographie audio. Envie de réduire encore plus votre empreinte carbone numérique? Poussez votre réflexion encore plus loin en lisant notre article sur le sujet.
3. Se protéger en protégeant la planète
Le condom a fait ses preuves et demeure l’une des méthodes les plus efficaces et recommandées en matière de protection. Malheureusement, même si la plupart des condoms sur le marché sont fabriqués à partir de latex, un matériau biodégradable d’origine naturelle qui provient des arbres à caoutchouc, la plupart des condoms ne sont pas biodégradables. La raison est simple : la majorité contient aussi des additifs synthétiques, tels que des agents stabilisants et de conservation, ou encore des spermicides, qui, eux, ne sont pas biodégradables.
Bonne nouvelle! Il existe une foule d’options véganes sans additifs nocifs. Quand son budget, sa santé et sa situation géographique le permettent, il vaut mieux les prioriser.
Et surtout, qu’ils soient véganes et biodégradables ou pas, évitez de jeter vos condoms dans les toilettes : ils pourraient se retrouver dans le réseau d’approvisionnement en eau et causer du tort aux espèces aquatiques, en plus de bloquer les égouts. L’emballage est recyclable? Parfait! Mettez-le au recyclage et jetez le condom usagé à la poubelle.
4. Vers une contraception plus douce pour l’environnement
Si aucune méthode contraceptive n’est parfaite, notamment en raison de leur impact sur le corps et de la charge qu’elles représentent, certaines sont plus respectueuses de l’environnement. C’est le cas des dispositifs intra-utérins (DIU) hormonaux et en cuivre (communément appelés « stérilets »), qui génèrent très peu de déchets. Du côté des méthodes de contraception permanentes, la vasectomie est également considérée comme une méthode peu polluante.
D’autres méthodes dites plus naturelles, comme la méthode du calendrier, la méthode Billings et la méthode symptothermique, en plus d’être moins invasives, génèrent, elles aussi, très peu de déchets. C’est encore plus vrai lorsqu’on n’utilise pas d’application numérique pour les réaliser et qu’on maximise la durée de vie de notre thermomètre.
Les méthodes de protection réutilisables comme les capes cervicales en silicone et les diaphragmes en latex sont elles aussi de bonnes options d’un point de vue environnemental, même si leur efficacité est moindre que les méthodes hormonales, par exemple.
Vous préférez la pilule contraceptive? Évitez simplement de jeter vos pilules périmées à la poubelle ou dans les toilettes et rapportez-les plutôt à votre pharmacie pour éviter que celles-ci se retrouvent dans les eaux usées et affectent les milieux naturels. La planète vous remerciera.
Choisir une méthode contraceptive vient déjà avec un lot de défis. L’idée n’est pas de rendre cette décision encore plus complexe en ajoutant une dimension environnementale. C’est pour cela que la meilleure option sera toujours celle qui fonctionne le mieux pour vous et votre corps.
À noter qu’il est toujours recommandé de consulter un·e professionnel·le de la santé afin de faire des choix éclairés pour sa santé et son bien-être, sans que l’impact environnemental ne soit un facteur déterminant.
5. Choisir des produits menstruels pour éviter d’être dans le rouge
Ce n’est plus un secret pour personne : il existe aujourd’hui une foule de produits menstruels plus écologiques que ceux à usage unique. Parmi ceux-ci, on compte la coupe menstruelle ou le disque menstruel, les serviettes et les protège-dessous réutilisables, la culotte menstruelle, et plus encore. Ces méthodes ne sont pas pour vous? Certaines marques offrent aujourd’hui des tampons et des serviettes hygiéniques biodégradables et parfois même compostables.
Sauver la planète n’est pas une lutte qu’on peut mener seul·e
Revoir sa consommation et ses pratiques sexuelles sont toutes des façons de rendre sa sexualité plus respectueuse de l’environnement. Suivre les principes de l’écosexualité en est une autre.
L’éco-quoi? L’écosexualité est une pratique écologique et érotique, apparue au début des années 2000 en réaction à l’anthropocentrisme, selon laquelle la Terre prend plus d’importance et est perçue comme une amante plutôt qu’une mère, contrairement à ce que nous a appris le système patriarcal. Elle favorise le consentement, l’amour, la bienveillance, la réciprocité et, comme son nom le suggère, l’environnement. À travers cette philosophie, on peut troquer le cuir pour des options durables, prioriser les matières naturelles, voir le plaisir comme quelque chose de relationnel plutôt que comme quelque chose à consommer, ou encore explorer le contact avec les éléments (eau, air, terre et chaleur).
Si la sexualité est quelque chose d’intime, son impact sur l’environnement, lui, devrait moins l’être. Il est essentiel que notre société mette en place des changements systémiques, comme de meilleurs systèmes de traitement des eaux usées, des contraceptifs moins polluants ou de nouvelles façons de recycler certaines matières fréquemment utilisées dans les accessoires sexuels.
D’ici là, continuez d’avoir du plaisir – et de faire plaisir à la planète.