Comment adopter une alimentation à base de plantes

Adopter un régime alimentaire à base de plantes est un excellent moyen de réduire votre empreinte environnementale.

La transition vers une alimentation entièrement ou majoritairement à base de plantes représente une excellente manière de réduire votre empreinte écologique. Vous pourriez même découvrir de nouveaux plats délicieux!

N’oubliez pas : votre relation à l’alimentation demeure personnelle. Ne visez pas la perfection. Changer vos habitudes alimentaires ne devrait jamais se faire au détriment de votre bien-être physique ou mental. Il n’y a pas de « bonne façon » d’aborder l’alimentation à base de plantes. Chaque pas compte – peu importe son importance – et devrait être célébré.

Comprendre les obstacles à une alimentation à base de plantes

Une alimentation à base de produits végétaux n’est pas possible pour tout le monde. Selon votre situation, vous pouvez faire certains changements compatibles avec votre mode de vie.

Voici quelques-uns des défis les plus courants :

  • L’accessibilité : En Amérique du Nord, de nombreuses communautés n’ont pas accès à des produits frais ou à des options à base de plantes. Dans ces quartiers, surnommés des « déserts alimentaires », les commerces de proximité et les chaînes de restauration rapide sont souvent tout ce qui est offert à une distance raisonnable.
  • L’abordabilité : Les options à base de plantes et les produits frais peuvent être plus dispendieux que les produits d’origine animale.
  • La culture : La viande, les produits laitiers et les fruits de mer sont parfois des ingrédients essentiels à certaines traditions alimentaires. D’ailleurs, dans certaines cultures, la consommation de viande est un symbole de prospérité, d’hospitalité et de force. Lors de rencontres familiales, refuser de consommer des aliments d’origine animale pourrait être perçu comme irrespectueux.
  • Les considérations sociales : Les repas familiaux et les rencontres tournent souvent autour de traditions alimentaires communes. Lorsque confrontées à une alimentation à base de plantes, certaines personnes pourraient se sentir exclues ou ressentir une pression de conformité.
  • Restrictions en matière de santé et d’alimentation : Certaines personnes sont allergiques à des protéines végétales courantes. Il existe également certaines conditions médicales qui impliquent des considérations particulières en matière d’alimentation.

Les conséquences environnementales de l’agriculture animale

Usage du territoire

L’agriculture accapare près de la moitié des terres habitables de la planète. La production animale et laitière représente 83 % de cet usage du territoire. Par ailleurs, l’expansion agricole est le principal facteur de déforestation et de perte de la biodiversité.

En ce sens, des recherches démontrent qu’à l’échelle planétaire, l’usage du territoire à des fins agricoles diminuerait de 75 % si la population mondiale adoptait une alimentation à base de plantes (source en anglais).

Consommation d’eau

La production alimentaire utilise 70 % de l’eau douce accessible dans le monde. Les répercussions se font sentir sur des écosystèmes et des communautés entières, mettant en jeu la disponibilité et la qualité de l’eau.

La production de bœuf est particulièrement à pointer du doigt en matière de consommation d’eau. En effet, la production d’une livre de bœuf peut nécessiter jusqu’à 15 000 litres d’eau. En comparaison, la production d’une livre d’edamame n’en requiert qu’environ 968 litres (source en anglais).

Par ailleurs, l’agriculture animale contribue également à la contamination de l’eau en raison des pesticides, des engrais, des antibiotiques, des hormones et du ruissellement de fumier. Ces déchets affectent la qualité de l’eau et de la terre, menacent la biodiversité et perturbent les écosystèmes.

Émissions de carbone

L’agriculture animale contribue à environ 18 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (source en anglais). Ces émissions découlent principalement de la déforestation associée à l’alimentation et au pâturage.

En effet, le labourage des prairies et des forêts libère dans l’atmosphère du carbone stocké dans la terre. Ce processus est d’autant plus dommageable lorsque des engrais sont utilisés pour les cultures fourragères. De plus, l’emploi d’engrais pour les aliments destinés au bétail émet de l’oxyde de diazote, un gaz à effet de serre 300 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. Le bétail consomme donc de ces aliments et produit du fumier. Ce dernier génère ensuite du méthane qui, à court terme, contribue 80 fois plus au réchauffement climatique que le dioxyde de carbone.

Alimentation et changements climatiques

En plus de réduire votre empreinte écologique alimentaire, réfléchir à ce que vous mangez constitue une des manières les plus simples de faire une différence pour la planète.

APPRENEZ À RÉDUIRE VOTRE EMPREINTE ÉCOLOGIQUE ALIMENTAIRE

Véganisme et alimentation à base de plantes : quelle est la différence?

Souvent utilisés de façon interchangeable, ces termes représentent des philosophies et des degrés d’engagements différents.

L’alimentation à base de plantes :

  • Se base sur une consommation d’aliments d’origine végétale;
  • Permet une certaine flexibilité et une interprétation personnelle;
  • Privilégie le progrès plutôt que la perfection;
  • Accueille tout type de participation.

Le véganisme :

  • Représente un mode de vie et une philosophie éthique de façon plus générale;
  • Exclut tout produit d’origine animale, dont les produits non alimentaires;
  • Nécessite généralement des changements plus profonds des modes de vie;
  • Peut paraître moins accessible ou pratique à certaines personnes.

Un régime végétalien est bien meilleur pour l’environnement que tous les autres, avec des émissions réduites de moitié par rapport à un régime à faible teneur en viande, cependant, réduire sa consommation de viande et de produits d’origine animale est un pas dans la bonne direction et peut faire une différence.

David Suzuki, Une étude montre que le régime végétalien est le meilleur pour les êtres humains et la planète

Cinq conseils pour adopter une alimentation à base de plantes

La clé pour assurer des changements à long terme est d’ajuster de façon graduelle et durable vos habitudes actuelles.

1. Éliminez la viande de votre alimentation une fois par semaine

Une journée par semaine, ne mangez que des aliments à base de plantes. Ceci vous permettra de découvrir de nouvelles recettes et de vous familiariser avec l’alimentation et la cuisine à base de plantes sans vous sentir dépassé.e.

Dès que vous vous sentirez plus à l’aise, augmentez graduellement votre fréquence de jours sans viande à deux ou trois par semaine.

En prime : Vous passer de viande une journée par semaine peut réduire votre empreinte écologique annuelle autant que si vous cessiez d’utiliser votre voiture pendant un mois complet!

2. Planifiez vos repas

La planification des repas vous aidera à réaliser une transition plus douce. Et en prime? Vous vous sentirez plus confiant.e et autonome dans vos choix alimentaires, « vous réduirez le gaspillage alimentaire », vous épargnerez de l’argent et vous ferez vos courses plus facilement!

Analysez les ingrédients que vous avez déjà et ceux dont vous pourriez avoir besoin. Pensez à utiliser vos restes pour vos dîners, vos collations, ou pour d’autres repas.

Vous avez besoin d’inspiration ou d’aide pour choisir des recettes qui incorporent les divers ingrédients que vous avez déjà? Faites une recherche sur Internet avec votre liste.

3. Optez pour des versions à base de plantes de vos mets préférés

Commencez par des plats familiers qui vous plaisent déjà et n’utilisez que des ingrédients à base de plantes. Ainsi, vous ne ressentirez aucun manque et vous découvrirez à quel point l’alimentation à base de plantes peut être délicieuse.

Vous aimez les hamburgers? Essayez les burgers aux haricots noirs! Vous raffolez des tacos? Goûtez aux tacos aux lentilles! Vous êtes friand.e.s d’ailes de poulet? Expérimentez avec les ailes aux choux-fleurs! Grâce à une petite recherche en ligne et à un peu de créativité, vous trouverez à coup sûr de nombreuses versions végétales de vos plats préférés. Pour une transition plus douce, une bonne stratégie est de commencer par des saveurs familières.

Créez un club de repas festifs ou organisez un repas-partage pour que vos proches puissent vous accompagner dans cette aventure!

4. Remplacez vos produits d’origine animale par des options à base de plantes

Lorsque vos produits d’origine animale s’épuisent, remplacez-les graduellement par des produits à base de plantes.

Par exemple :

  • La protéine animale → les lentilles, le tofu, l’edamame, les pois chiches, etc.
  • Le beurre → l’huile de coco, l’huile d’avocat, l’huile d’olive, etc.
  • Le fromage → la levure alimentaire, le fromage à la noix de cajou, etc.
  • Le lait de vache → le lait végétal
  • La gélatine → l’agar-agar, la pectine ou le carraghénane
  • Le miel → le sirop d’érable, l’agave, le sirop de dates, le nectar de coco, etc.

5. Faites des réserves de produits à base de plantes

Au fur et à mesure que vous vous habituez à cuisiner avec des aliments à base de plantes, identifiez les produits que vous utilisez le plus (ou vos préférés!). Commencez ensuite à planifier les repas en fonction de ceux-ci.

Rendez-vous à un magasin de produits en vrac pour que votre garde-manger soit équipé des produits essentiels, comme les haricots, les lentilles, les noix, les graines, les grains entiers, etc. Vous pourrez ainsi continuer de cuisiner facilement vos plats à base de plantes… et vous pourriez même faire des économies!