Le nouvel accord est prometteur, mais manque d’objectifs clairs

MONTRÉAL | TERRITOIRE TRADITIONNEL ET NON CÉDÉ DE LA NATION KANIEN’KEHÁ:KA, le mardi 30 juin 2026 — La Fondation David Suzuki est ravie de constater que le rétablissement du caribou au Québec progresse, comme en témoigne l’accord annoncé aujourd’hui entre la province et le gouvernement fédéral. Le gouvernement fédéral s’est également engagé à verser 15 millions de dollars sur cinq ans aux communautés autochtones du Québec pour le rétablissement du caribou, une mesure appuyée par la province.

« C’est formidable de voir que les choses avancent dans le dossier du caribou après une si longue impasse. Cela montre le pouvoir potentiel de la Loi sur les espèces en péril fédérale de faire progresser le rétablissement. Il est également formidable de constater que le Québec reconnaît le rôle du leadership autochtone dans la gouvernance du territoire, ce qui est souvent le cas des initiatives de rétablissement du caribou sur le terrain comme la restauration des forêts », a déclaré Rachel Plotkin, responsable du projet Boréal à la Fondation.

« Nous espérons que le Québec misera sur l’économie régénératrice, car les activités de restauration forestière nécessitent des écologistes des forêts, des analystes SIG, des pépiniéristes, des gardien·nes autochtones, du personnel d’opération d’équipement lourd, des équipes de restauration, des spécialistes du déclassement des routes, des biologistes de la faune et plus encore. Et nous espérons que la province ne misera pas sur des mesures superficielles comme la mise en enclos et le contrôle des prédateurs, des approches souvent utilisées pour permettre que la perte d’habitat se poursuive tout en maintenant les populations en vie. Il est clair que la protection et la restauration de l’habitat sont les principales voies de rétablissement du caribou.

« Il est encourageant de constater que l’accord lie les mesures de rétablissement du caribou aux objectifs en matière de restauration, de conservation et d’espèces en péril du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming à Montréal, et reconnaît également que la protection de l’habitat peut contribuer à la lutte contre les changements climatiques. Ce serait merveilleux pour le Québec de jouer un rôle de chef de file dans ce domaine », a ajouté Mme Plotkin.

Le nouvel accord nécessite une surveillance approfondie et fournit 25 millions de dollars à la province de 2026 à 2031, sous réserve des dépenses et des rapports annuels. Il n’établit pas d’objectifs mesurables ni d’échéanciers pour les mesures de restauration ou de protection de l’habitat.

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Informations générales

Le Québec compte environ 15 % de la population de caribous boréaux au Canada. Le programme de rétablissement fédéral pour le caribou des bois, population boréale, identifie six aires de répartition du caribou. Trois de ces hardes, Val-d’Or, Charlevoix et Pipmuacan, ont été jugées peu susceptibles de survivre en l’absence de mesures de rétablissement importantes. Le programme vise également la population de caribou montagnard de la Gaspésie.

En 2016, le Québec s’est engagé à élaborer un plan de gestion de l’habitat dans le cadre du programme de rétablissement du caribou boréal du gouvernement fédéral, mais a depuis reporté la publication d’un programme complet. En 2020, la harde de Val-d’Or a été mise en enclos pour séparer le caribou des prédateurs; en 2022, la harde de Charlevoix a également été mise en enclos.

En 2024, Steven Guilbeault, alors ministre de l’Environnement et du Changement climatique du Canada, recommandait au Cabinet d’invoquer un décret d’urgence fédéral en vertu de la Loi sur les espèces en péril pour protéger les hardes de Val-d’Or, Charlevoix et Pipmuacan. Le décret d’urgence a été approuvé et des consultations ont commencé sur les mesures de protection de l’habitat, mais le gouvernement fédéral est demeuré engagé dans d’éventuelles mesures de collaboration avec la province pour éviter la discorde que susciterait un dépassement perçu de sa compétence.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Laurence Bolduc, spécialiste des communications à la Fondation David Suzuki
lbolduc@davidsuzuki.org

Fondée en 1990, la Fondation David Suzuki (fr.DavidSuzuki.org | @FondationDavidSuzuki) est un organisme environnemental canadien à but non lucratif. Nous travaillons en anglais et en français et nous avons des bureaux à Vancouver, à Toronto et à Montréal. Afin de trouver des avenues vers un Canada durable, nous travaillons avec toutes les personnes vivant au Canada, dont les communautés autochtones, les gouvernements et les entreprises. Nous faisons appel à la recherche scientifique, les savoirs écologiques traditionnels, des solutions politiques et juridiques innovantes, les communications et l’engagement du public. Notre mission est de protéger la diversité de la nature et le bien-être de toutes les formes de vie, maintenant et pour l’avenir.