Journée mondiale de la justice sociale : importance et enjeux

Pas de justice, pas de paix

Pas de justice, pas de paix (Photo : Clay Banks via Unsplash)

Le 20 février marque la Journée mondiale de la justice sociale. L’objectif? Rappeler l’impératif de bâtir des sociétés plus justes et plus équitables, dans un contexte où les crises mondiales s’accumulent et menacent les progrès réalisés dans le domaine social.

« Le développement social et la justice sociale sont indispensables à l’établissement et au maintien de la paix et de la sécurité entre les nations et en leur sein même », peut-on lire sur le site internet de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

De cette façon, il s’agit de rappeler les objectifs qui ont été fixés lors du Sommet mondial pour le développement social en 1995 à Copenhague au Danemark et lors du Sommet mondial de 2005 au Siège de l’ONU à New York aux États-Unis.

Nommons, entre autres, l’éradication de la pauvreté, la possibilité pour chacun.e de trouver un travail décent et productif, ainsi que la promotion de l’intégration sociale et de la paix, dans un contexte de développement durable. À cela, ajoutons aussi le droit de vivre dans un environnement sain.

Importance de la justice sociale

La justice sociale fait valoir l’égalité des droits, ainsi que la possibilité de bénéficier du progrès économique et social sans discrimination. Elle est liée à un niveau de vie suffisant, un accès effectif aux soins de santé, une éducation de qualité et un travail décent. De plus, elle présuppose le droit à la dignité et à la liberté d’expression des travailleur.euse.s.

En ce sens, l’Organisation internationale du travail (OIT) a adopté en 2008 la Déclaration de l’OIT sur la justice sociale pour une mondialisation équitable. Celle-ci fait reposer le travail décent sur quatre piliers : l’emploi, la protection sociale, le dialogue social et les droits et les principes fondamentaux au travail.

Le développement social et la justice sociale sont indispensables à l’établissement et au maintien de la paix et de la sécurité entre les nations et en leur sein même.

« Le travail constituant la principale source de revenus de la plupart des ménages, l’accès au plein emploi, productif et librement choisi et à la protection sociale joue un rôle central dans l’amélioration du niveau de vie, et donne à chacun.e la possibilité de développer et de réaliser pleinement son potentiel », peut-on lire dans un rapport de l’OIT.

En outre, le travail décent est lié à d’autres facettes du développement humain. Il permet notamment d’accéder à une alimentation de qualité, d’être en bonne santé, de recevoir une éducation, d’accroître ses compétences et ses revenus, et de vivre dans un lieu dépourvu de risques environnementaux.

A contrario, l’absence de progrès de la justice sociale compromet les avancées vers la réalisation du travail décent et des autres aspects qui y sont liés. Ainsi, en étant privé.e.s d’une éducation de qualité, plus de 244 millions d’enfants et de jeunes à travers le monde sont concerné.e.s.

Enjeux liés aux crises mondiales actuelles

Des problématiques majeures demeurent, telles que l’insécurité financière, la pauvreté, l’exclusion et les inégalités structurelles. Elles sont notamment accentuées dans un contexte où le coût de la vie ne cesse d’augmenter, des phénomènes météorologiques extrêmes se produisent et l’instabilité géopolitique est présente.

Des injustices sociales se maintiennent alors, qui sont une cause de fragilité et de conflit, mais en sont aussi un des résultats. Par exemple, au Canada, les populations qui sont en proie aux injustices environnementales sont très souvent les communautés autochtones, racisées et à faible revenu.

De surcroit, la Banque Mondiale estime que 685 millions de personnes dans le monde étaient en situation de pauvreté extrême à la fin de l’année 2022. La majorité d’entre elles se trouvaient en Afrique subsaharienne, ainsi que dans des pays fragiles et touchés par des guerres.

Le travail constituant la principale source de revenus de la plupart des ménages, l’accès au plein emploi, productif et librement choisi et à la protection sociale joue un rôle central dans l’amélioration du niveau de vie, et donne à chacun.e la possibilité de développer et de réaliser pleinement son potentiel.

De plus, des conditions de travail insalubres et une insécurité généralisée sur le marché du travail demeurent : 60 % de la population mondiale active travaille dans l’économie informelle, touchant majoritairement les femmes. D’ailleurs, ces dernières sont payées en moyenne 20 % de moins que les hommes lorsqu’elles occupent un emploi rémunéré.

En parallèle, l’OIT pointe un délitement du contrat social, où les citoyen.ne.s perdent peu à peu confiance dans les institutions qui les servent. En fait, l’esclavage moderne – présent dans tous les pays du monde – a considérablement augmenté dans les dernières années. En 2021, 50 millions de personnes étaient concernées. Il est donc impératif de relancer la coopération entre les différent.e.s acteur.rice.s, notamment les gouvernements et les organisations d’employeur.euse.s et de travailleur.euse.s, et d’ouvrir le dialogue social au regard des politiques et des systèmes défaillants instaurés.

Il s’agit alors de laisser la place à une gouvernance inclusive, efficace et équitable du travail, d’établir des garanties d’emploi et d’apprentissage, ainsi que de garantir une protection sociale tout au long de la vie. Ceci doit nécessairement passer par la ratification de conventions internationales du travail, contraignantes en droit international.

En ce sens, la création d’une Coalition mondiale pour la justice sociale renforcerait la coopération multilatérale entre les États. Tout en reconnaissant les besoins de chacun.e, elle permettrait de faire de l’équité et de la justice un impératif politique.