David Suzuki s’adresse aux participant·es à Mississauga lors de la tournée Stronger Together. (Photo : Axis Collective)

Les urgences climatiques comme les inondations, les vagues de chaleur et les tempêtes deviennent plus fréquentes et plus graves, et il est de plus en plus clair que les gouvernements et les services ne peuvent à eux seuls réagir avec l’ampleur et la vitesse requises pour assurer la sécurité de tout le monde lorsqu’une urgence frappe. En fait, de nombreux gouvernements affirment que les gens devraient être prêts à être autonomes avec leur famille pendant 72 heures après une urgence. (Dans les communautés nordiques ou éloignées, cette période peut être beaucoup plus longue.)

Il ne suffit pas de protéger les ménages individuels pour se préparer aux urgences. Il faut apprendre à connaître les gens de notre voisinage et faire un plan pour travailler ensemble afin que tout le monde soit pris en charge et que personne ne soit laissé pour compte. Les communautés les plus résilientes disposent de réseaux sociaux solides.

Mais en cette période d’isolement social et de déconnexion sans précédent, beaucoup d’entre nous ne connaissent même pas les gens qui vivent près de nous, et nous ne sommes certainement pas prêt·es à affronter une urgence ensemble.

Tournée Stronger Together de David et Tara

David Suzuki et Tara Cullis en étaient déjà bien conscient·es lorsqu’il est venu à leurs oreilles que le gouvernement finlandais avait envoyé une lettre à toutes les personnes vivant sur son territoire il y a quelques années. Comme se souvient Tara, « C’était un avertissement que des problèmes s’en viennent. La Finlande a une frontière avec la Russie. Ses océans se réchauffent… Comme ici, il y aura des feux de forêt, des inondations mortelles, d’importantes vagues de chaleur, de la fumée, des pannes de courant.

« Le message était : développez une résilience. Apprenez à connaître votre rue, votre pâté de maisons, vos voisines et voisins. En cas de crise, le gouvernement ne pourra pas vous aider aussi rapidement que vous le souhaiteriez. Devenez aussi autonome que possible. Faites l’inventaire de vos actifs. Découvrez où se trouvent les médecins, infirmier·ères, cuisinier·ères, souffleuses à neige, générateurs, outils, sources d’eau, jardins et vergers. Identifiez les personnes qui sont en fauteuil roulant ou qui auront besoin d’électricité lorsque les lumières s’éteindront. Sachez où sont les personnes âgées. Comprenez ce que vous avez à offrir et quels sont vos propres besoins. Votre sécurité ne sera pas assurée en accumulant, mais bien en partageant. »

Comprenez ce que vous avez à offrir et quels sont vos propres besoins. Votre sécurité ne sera pas assurée en accumulant, mais bien en partageant.

Ému·es par le message et espérant qu’il pourrait se répandre partout au Canada, David et Tara ont commencé à imaginer une série d’événements communautaires qui susciteraient des conversations sur les liens et la résilience communautaires. Leur objectif n’était pas de faire des conférences, mais d’apprendre comment nous pouvons nous assurer, alors que les urgences climatiques s’aggravent, que tout le monde est pris en charge.

La tournée Stronger Together de David et Tara a commencé en février 2026, lors de la présentation de leur pièce What You Won’t Do for Love en Ontario. La tournée Stronger Together s’est arrêtée dans cinq villes du sud de l’Ontario (Richmond Hill, St. Catharines, Milton, Mississauga et Ottawa) et a réuni un éventail de membres de la communauté aux perspectives diverses, y compris des leaders et des groupes communautaires locaux, afin d’explorer des façons de renforcer l’autonomie locale et de bâtir des réseaux de soutien mutuel.

Au total, près de 800 personnes ont participé aux cinq événements.

Un espace de célébration, de conversation et de connexion

Chaque rassemblement a commencé par une cérémonie d’accueil par un·e Aîné·e autochtone ou un·e représentant·e de la nation locale. Un·e dirigeant·e municipal·e a également prononcé un discours d’ouverture.

Après une courte activité qui permettait aux participant·es de réfléchir à leurs propres liens avec la communauté, la discussion de groupe a commencé avec Tara Cullis, David Suzuki, Mili Roy, de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement et de la Ontario Climate Emergency Campaign, et Sheila Murray, de Community Resilience to Extreme Weather. Un·e leader local·e a également participé à la discussion pour offrir une vision interne des forces et des besoins de la communauté.

Les participant·es ont ensuite pu parler de leur propre travail en matière de résilience communautaire et de préparation aux situations d’urgence. Ce moment « pleins feux sur la communauté » était toujours marquant; à chaque rassemblement, 30 à 40 groupes se sont rendus au micro pour parler de leur travail. Le public était toujours enthousiaste d’apprendre et de se rencontrer.

Enfin, les participant·es ont formé de petits groupes pour une partie de Resilientville, un jeu de rôles qui invite les personnes qui y jouent à s’imaginer comment répondre à une urgence locale (en anglais). (En raison des contraintes d’espace à St. Catharines, la discussion de groupe et les moments « pleins feux sur la communauté » ont été prolongés à la place du jeu.)

Ce que nous avons appris et les prochaines étapes

À chaque arrêt, une chose était claire : les personnes présentes étaient reconnaissantes de pouvoir avoir ces conversations importantes en personne. Et elles en voulaient plus. Les comités organisateurs ont créé cinq groupes WhatsApp propres à chaque région où les gens pouvaient partager leur travail et planifier des initiatives locales. À chaque événement, plus de la moitié des participant·es les ont joints.

Bien que la tournée se soit terminée fin mars, les conversations sur la résilience des communautés se poursuivent dans les cinq régions. Il est clair que les gens souhaitent avoir des occasions de travailler ensemble et de se préparer à ce qui s’en vient.

Comme cette année devrait être l’une des plus chaudes jamais enregistrées (en plus d’un « super » El Niño), ces liens pourraient bien être notre plus grande force.