Terres Kanien’kehá:ka non-cédées [MONTRÉAL], le 21 avril 2021 – Alors que les dirigeant.e.s mondiaux.ales se réuniront au Sommet sur le climat organisé par le président Joe Biden les 22 et 23 avril, une coalition de groupes demande au gouvernement du Canada d’augmenter son niveau d’ambition pour faire face à la crise climatique.

Des expert.e.s des secteurs de la santé, du travail, de l’environnement, de la justice climatique, et des organisations jeunesses ont présenté leurs exigences pour que le Canada fasse sa juste part de l’effort mondial pour restreindre l’augmentation de température à 1,5 degrés Celsius. Les panélistes de la coalition ont également exhorté le gouvernement fédéral à s’engager dans une transition juste, et à respecter les droits territoriaux autochtones, ainsi que les principes de protection de la santé et de justice climatique.

Lors de l’événement, des intervenant.e.s ont divulgué les résultats d’une nouvelle étude présentée par sept groupes environnementaux qui détaille la manière dont le Canada pourrait atteindre une cible qui représente sa juste part, soit une réduction des émissions domestiques de 60 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2030. L’étude permet de saisir l’ampleur du défi et démontre que les politiques et les technologies existent pour y arriver. Le rapport fait également la preuve que cette transition est possible sans fragiliser les emplois et les investissements privés, tout en diminuant les coûts énergétiques des ménages canadiens.

Pour faire sa juste part, le Canada doit également immédiatement mobiliser 5,2 milliards de dollars par année pour aider les pays du Sud à réduire leurs émissions et à s’adapter aux changements climatiques.

Le message des intervenant.e.s est clair : le Canada doit absolument faire plus et faire mieux pour respecter les exigences de la science du climat et les principes d’équité et ne pas manquer le bateau alors que les grands émetteurs, incluant l’administration Biden, révisent à la hausse leurs engagements climatiques.

CITATIONS

Dre Courtney Howard, présidente sortante de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement : « Les mêmes mesures qui peuvent aider le Canada à atteindre le niveau d’émission net zéro d’ici 2050 peuvent sauver environ 112 000 vies, uniquement à cause de la pollution atmosphérique. Compte tenu de ce que nous savons maintenant des risques de la pollution atmosphérique pour la santé, subventionner les combustibles fossiles est aussi inacceptable que de subventionner le tabac. Aujourd’hui, des centaines de professionnels de la santé demandent à nos dirigeants politiques de reconnaître que les vies perdues à cause du changement climatique et de la pollution de l’air sont tout aussi précieuses que celles perdues à cause du COVID-19 et qu’il faut agir fermement en annonçant une cible pour le climat qui protège la santé de nos enfants. »

Caroline Brouillette, analyste des politiques au Réseau action climat Canada : « Plusieurs États alliés du Canada font présentement preuve d’audace en présentant des cibles et des plans climatiques ambitieux, les uns après les autres. Pour ne pas être laissé derrière, le Canada doit faire sa juste part face à la crise climatique, c’est-à-dire adopter une cible de réduction des émissions de 60% sous les niveaux de 2005 d’ici 2030 en plus d’aider les pays du Sud à réduire leurs émissions. La convergence des crises à laquelle nous faisons face requiert que le gouvernement cesse d’opposer ambition et faisabilité, et fasse plutôt preuve d’imagination en mettant le Canada sur la voie d’un avenir juste et sécuritaire pour le climat. »

Sabaa Khan, directrice générale (Québec et l’Atlantique) de la Fondation David Suzuki : « Nous sommes à un moment où les climatologues, les communautés autochtones et les économistes nous signalent tous et toutes l’urgence – et la possibilité – de décarboniser nos économies pour assurer la survie de nos écosystèmes et de l’humanité. Il est grand temps pour le gouvernement canadien d’écouter ces voix synergiques et de commencer le travail difficile, mais nécessaire d’une transition juste et verte. Les investissements en nature et climat annoncés dans le budget fédéral de cette semaine sont encourageants, mais ultimement ce qu’il faut pour répondre à la menace existentielle de la crise climatique, ce sont des règlements et des lois contraignants qui réduisent efficacement les émissions. Plus on tardera à mettre fin à notre dépendance aux combustibles fossiles, plus la transition sera difficile pour l’ensemble de la société, et surtout pour les communautés les plus vulnérables. »

Denis Bolduc, secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) : « La FTQ reconnaît la nécessité pour le Canada d’élever son ambition climatique et prend acte du rapport déposé aujourd’hui. Elle poursuivra sa réflexion en se basant sur une cible à atteindre, appuyée par la science et sur la faisabilité. Dans tous les cas, la transition juste ne sera qu’une fuite vers l’avant si elle ne repose pas sur les bons chiffres. C’est pourquoi elle sera impossible sans structure, ambition et vision gouvernementale. Le Canada doit prendre la crise climatique au sérieux! Le budget fédéral présenté lundi prévoit beaucoup d’argent, mais nous restons sur notre faim en ce qui a trait aux mesures permettant une réelle transition juste pour les travailleurs et travailleuses. La FTQ demande que de véritables mécanismes soient mis en place avec des indicateurs de suivis et un financement adéquat pour soutenir la démarche. »

Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace Canada : « Le Canada est un pays riche qui est parmi ceux qui ont le plus contribué à l’urgence climatique et nous avons donc une plus grande responsabilité. Justin Trudeau doit se libérer du carcan de l’industrie des combustibles fossiles et faire le nécessaire pour protéger les gens et la planète : adopter une cible de réduction des GES basée sur la science, financer davantage la lutte climatique dans les pays en développement et éliminer immédiatement les subventions aux combustibles fossiles. L’heure n’est plus aux fausses promesses et le Canada doit proposer des actions concrètes et ambitieuses. »

André-Yanne Parent, directrice générale du Projet de la réalité climatique Canada : « Sur la scène internationale, nous assistons déjà à un engagement fort et un signal clair que les États-Unis sont de retour, qu’en sera-t-il du Canada ? Quelle sera maintenant notre excuse pour continuer à faire trop peu ? Le Sommet sera non seulement l’occasion de rehausser les ambitions climatiques du Canada, mais aussi de rétablir la confiance avec ses citoyen.ne.s qui n’ont eu de cesse de se mobiliser par milliers, sans relâche, pour demander à leurs élu.e.s d’être à la hauteur de la crise, des exigences de la science et imputables dans l’atteinte de leurs engagements. Échouer, c’est ne pas répondre aux demandes du 3/4 des Canadien.ne.s qui estiment que la crise climatique est extrêmement sérieuse (Abacus, 2020) et ressentent déjà ses impacts dans leur vie (Université de Montréal, 2019). Échouer n’est pas une possibilité. »

Rosalie Thibault de la CEVES : « Nous ne devons pas prendre le risque de mettre tous nos espoirs dans des technologies de bioénergie avec capture et stockage de carbone pour restreindre le réchauffement planétaire à des niveaux viables. Le GIEC (le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) nous dit clairement à la page 96 du rapport sur un réchauffement planétaire de 1.5 degré que rien ne prouve que ces technologies puissent fonctionner à grande échelle et que de s’y fier représente un risque majeur que nous, les jeunes, ne sommes pas prêtes et prêts à prendre considérant la gravité des répercussions qui nous toucheront directement. »

Émile Boisseau-Bouvier, analyste des politiques climatiques d’Équiterre : « On ne peut pas contredire la logique mathématique de la science du climat. Ce n’est pas bien compliqué: si on continue collectivement à polluer aux niveaux actuels lors des prochaines années, nous ressentirons plus tôt que tard les effets dévastateurs d’une augmentation des températures mondiales, une situation qui nous coûtera des vies et menacera notre sécurité à tous. Nous devons accroître notre ambition. Nous devons relever le défi. »

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Pour plus d’informations, contactez :

Pamela Daoust, Association canadienne des médecins pour l’environnement, pamela@cape.ca, (514) 267-2589

Manon Dubois, Fondation David Suzuki, mdubois@davidsuzuki.org, (514) 583-8455

Marie-Christine Fiset, Greenpeace, marie-christine.fiset@greenpeace.org, (514) 972-6316

Muriel Vincent, Réalité Climatique Canada, mvincent@climatereality.ca, (514) 963-8405