Le Canada risque de prendre du retard en matière d’engagements climatiques et d’économie propre

 

VANCOUVER — TERRITOIRE TRADITIONNEL ET NON CÉDÉ DES NATIONS xʷməθkʷəy̓əm (MUSQUEAM), Sḵwx̱wú7mesh (SQUAMISH) ET səlilwətaɬ (TSLEIL-WAUTUTH), le mardi 17 mars 2026 – La date limite du 1er avril 2026 pour le protocole d’accord entre l’Alberta et Ottawa approche à grands pas, et des spécialistes en politiques climatiques de premier plan demandent au premier ministre Mark Carney de rétablir la force et l’intégrité du système canadien de tarification du carbone industriel afin d’améliorer la compétitivité et de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

La lettre conjointe, envoyée aujourd’hui au premier ministre Carney, indique que les récents changements apportés au cadre politique climatique du Canada minent la capacité du pays à lutter contre la pollution, à protéger les gens contre les changements climatiques et à poursuivre les progrès en matière d’objectifs climatiques fixés par la loi. Dans un contexte où d’autres mesures ont été affaiblies, suspendues ou carrément abandonnées, des systèmes de tarification du carbone industriel solides et crédibles jouent un rôle encore plus important pour déterminer si le Canada peut réduire de manière significative les émissions du secteur industriel et demeurer compétitif dans une économie mondiale à faibles émissions de carbone.

La tarification du carbone industriel devrait jouer un rôle beaucoup plus important que toute autre politique dans les engagements climatiques du Canada. Il est largement admis qu’il s’agit de la voie la plus efficace vers la décarbonisation du secteur industriel (de concert avec d’autres politiques). La tarification est donc essentielle à la compétitivité de l’industrie canadienne dans un monde où les investisseur·ses et les acheteur·ses se soucient de plus en plus de l’empreinte carbone.

Pierre Iachetti, directeur général, Fondation David Suzuki

« La science est claire, tout comme les enjeux. La tarification du carbone industriel est le meilleur outil dont dispose le Canada pour faire progresser ses engagements climatiques et orienter son économie sur la voie du succès. Alors que d’autres politiques environnementales ont été abandonnées ou diluées, la tarification du carbone industriel doit être renforcée et adaptée à l’objectif recherché. Alors que les partenaires commerciaux du Canada agissent fermement pour s’assurer que les pollueurs paient, le Canada risque de prendre du retard et de perdre du terrain en matière de climat et de compétitivité. Nous demandons au premier ministre Carney de maximiser le potentiel de cet outil éprouvé en renforçant le modèle, en assurant une hausse des prix effectifs, en rétablissant l’intégrité du marché et en appliquant automatiquement le filet de sécurité fédéral lorsque les systèmes provinciaux sont insuffisants. »

Andrew Gage, avocat-conseil à l’interne, West Coast Environmental Law Association

« Les tribunaux canadiens et internationaux reconnaissent qu’une action climatique trop faible viole les droits des personnes habitant au Canada. Il est temps pour le gouvernement Carney de respecter ses engagements climatiques et de commencer à nous protéger contre les incendies de forêt, les inondations et autres catastrophes climatiques, et cela passe entre autres par un prix du carbone industriel élevé. »

Dr Moe Qureshi, Ph.D., directeur de la recherche et des politiques climatiques, Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick

« La tarification du carbone industriel est l’un des outils les plus efficaces dont dispose le Canada pour réduire la pollution tout en préservant la compétitivité de notre économie. Les personnes habitant la région de l’Atlantique veulent voir de réels progrès climatiques tout en bâtissant une économie plus forte. Alors que d’autres politiques climatiques ont été affaiblies ou retardées, il est essentiel que le gouvernement fédéral veille à ce que le système demeure solide, prévisible et applicable afin que chaque province puisse contribuer à cet enjeu. »

Chris Severson-Baker, directeur général, Pembina Institute

« Les personnes habitant au Canada devraient être fières d’avoir des systèmes de tarification du carbone industriel qui équilibrent élégamment la nécessité de rendre nos industries compétitives à l’échelle mondiale avec l’importance de réduire les émissions et de protéger l’environnement, tout en limitant le fardeau financier du climat pour les contribuables. Le fait de corriger et de renforcer la tarification du carbone industriel pourrait entraîner des milliards de dollars d’investissements dans des secteurs à faibles émissions de carbone, créant des emplois et assurant le futur de nos industries pour les décennies à venir. Nous nous réjouissons qu’il s’agisse d’un élément prioritaire de la stratégie de compétitivité climatique du gouvernement fédéral publiée l’automne dernier, et nous demandons à Ottawa de ne pas retarder la mise en œuvre des correctifs qui fourniront aux entreprises la certitude dont elles ont urgemment besoin. »

Tim Gray, directeur général, Environmental Defence

« La tarification du carbone industriel est l’un des derniers outils majeurs de réduction de la pollution au Canada. Il fait payer une petite somme aux plus gros pollueurs pour les dommages qu’ils causent tout en maintenant les coûts bas pour les ménages. Pour qu’il fonctionne, le système doit être suffisamment solide pour entraîner de réelles réductions d’émissions et ne doit pas être criblé de failles. Si les grands pollueurs échappent au jeu, le progrès climatique serait compromis et l’équité économique fondamentale ne serait absolument pas prise au sérieux. »

Patricia Fuller, présidente et cheffe de la direction, International Institute for Sustainable Development

« Nous sommes à un carrefour critique. Si nous prenons la bonne décision, la tarification du carbone industriel pourrait être notre outil le plus important pour lutter contre les changements climatiques. En même temps, elle peut aider notre industrie lourde à être compétitive et à attirer des investissements sur des marchés qui se soucient de plus en plus de la performance environnementale. »

– 30 –

Pour plus d’informations ou pour des entrevues, veuillez contacter :