Par Marie-Eve Chapdelaine, conseillère en développement durable chez Cascades

 

 

La venue du temps des Fêtes inspire pour parler de consommation responsable. C’est ce que j’avais fait l’an dernier en partageant une tranche de vie sur la façon dont nous gérons les cadeaux des enfants. Ce texte m’avait justement valu plein de questions de parents sur la façon dont nous nous étions pris pour faire accepter à nos enfants le concept du cadeau unique, comme si pour plusieurs ça semblait impensable. Ce qu’on a fait? On leur a expliqué le concept des désirs et des besoins, tout simplement !

Cette année, je me suis demandé comment faire évoluer la réflexion de mes enfants sur la consommation. Revenir aux sources m’est apparue la meilleure option! Comment faire pour consommer quand tu n’as pas d’argent pour le faire? Comment faire des choix et les hiérarchiser en fonction des besoins vitaux. Ces notions sont encore difficiles à saisir pour des enfants de leur âge (7 et 9 ans) qui n’ont heureusement jamais manqué de rien, mais je demeure persuadée que c’est en initiant la réflexion le plus tôt possible qu’on marque les esprits.

Faire d’une pierre deux coups

C’est en songeant au concept d’initiation que j’ai eu une idée : les initier au bénévolat et trouver une cause qui leur permettrait de mieux comprendre la réalité de ceux et celles qui doivent faire des choix. Les vertus de l’implication communautaire sont nombreuses, je ne sais pas si elles le sont autant pour des jeunes de leur âge, mais peu importe, je me suis dit que l’expérience serait enrichissante et amusante. Avant tout, elle leur permettrait d’entendre la réalité de ces organismes qui travaillent fort pour réaliser leur mission.

C’est ainsi qu’on s’est rendus aux Tabliers en folie de Richmond, organisme qui prône l’autonomie alimentaire et la saine alimentation auprès des démunis. C’est là qu’on a fait d’une pierre deux coups (ou plutôt, d’une pierre plein de coups!) : en plus d’en apprendre davantage sur le travail de l’organisme, on a préparé des desserts qui seront servis aux membres de l’organisme lors d’une fête de Noël, on a travaillé en équipe, on a révisé les concepts mathématiques avec les unités de mesure, on s’est gâtés en léchant les fouets du batteur électrique et en grattant les fonds de chaudron de sucre à la crème, on s’est fait de nouvelles amies, et enfin, on a passé du temps en famille. On s’est donné du temps. On a pris le temps de donner du temps!

Mélodie et Grégoire en compagnie de leurs nouvelles amies des Tabliers en folie : Nancy, Isabelle et Marie-Audrey

Les bienfaits de donner du temps

De nombreuses études [1] [2] démontrent que faire du bénévolat contribue à notre bien-être et à notre santé de plusieurs façons : renforcement de l’estime de soi et de la confiance en soi, sensation générale d’apaisement et de bien-être, diminution du stress, amélioration de l’humeur.

Selon la plus récente étude de Statistique Canada, près de 13 millions de Canadiens, ou 44 % des personnes âgées de 15 ans et plus, ont effectué une quelconque forme de bénévolat. Le nombre d’heures réalisées correspond au volume de travail d’environ un million de postes à temps plein. Impressionnant!

Chez Cascades, on aimerait que cette statistique soit de 100 % puisque l’entreprise souhaite que chacun de ses quelque 10 000 employés en Amérique du Nord donne au moins une heure de son temps annuellement à la communauté. C’est l’un des objectifs du Plan de développement durable. Pour bien des organismes communautaires, les besoins sont prioritairement financiers, mais pour plusieurs, si l’occasion se présente, un coup de main en temps est appréciable. Ma grand-mère répétait souvent cette phrase de l’auteure Germaine Guèvremont : « Petite aide fait grand bien »! Et pour aider à faire un jumelage entre les organismes et les bénévoles, il existe une nouvelle plateforme : Simplyk. L’important demeure de choisir des causes qui nous allument, le bénévolat doit être une activité plaisante.

J’ose espérer que ces expériences de vie sur la consommation responsable, sur la générosité, sur le partage marqueront l’esprit de mes enfants. J’ose espérer que ces valeurs perdureront dans leurs choix futurs, qu’ils se questionneront sur leurs besoins, qu’ils donneront de leur temps, qu’ils seront généreux. Quand j’y pense, ce moment passé aux Tabliers en folie aura certainement été plus profitable pour nous que pour eux.