
Le Venezuela possède les plus grandes réserves confirmées au monde, soit environ 300 milliards de barils, la plupart étant du pétrole de sables bitumineux « extra lourd ».
Le gouvernement du Canada a gardé le silence sur le fait que les États-Unis tuent des gens (source en anglais) sur des bateaux au large de la côte vénézuélienne. Peu importe si les bateaux ont été utilisés ou non pour transporter de la drogue (et il n’y a aucune preuve qu’ils l’ont été), ces actes effroyables ont été qualifiés de « crimes de guerre », ou plutôt de « meurtres », puisqu’aucune guerre n’a été officiellement déclarée… encore.
L’administration des États-Unis a d’abord affirmé que les bateaux transportaient du fentanyl, mais le Venezuela ne produit et ne fournit pratiquement pas, voire pas du tout, de cette drogue (source en anglais). Le président des États-Unis, Donald Trump, a également utilisé la contrebande présumée de fentanyl en provenance du Canada pour justifier l’imposition de tarifs douaniers élevés sur notre pays (source en anglais).
Les États-Unis ont depuis déclaré que les bateaux transportaient de la cocaïne ou que les personnes à bord étaient des « terroristes ». Trump a également indiqué que les États-Unis pourraient envahir le Venezuela. Au moins neuf navires de guerre, y compris des « porte-avions, des destroyers lance-missiles et des navires d’assaut amphibies capables de débarquer des milliers de soldats », ainsi que des sous-marins nucléaires et des avions de chasse et d’espionnage, sont positionnés à portée de frappe du pays sud-américain, rapporte la BBC.
Depuis son élection en 2024, Trump et ses acolytes ont l’œil sur les combustibles fossiles et les ressources minérales critiques du monde entier, de l’Amérique du Sud au Canada en passant par le Groenland.
S’il ne s’agit pas de drogue, et il ne s’agit probablement pas du fait que le Venezuela soit dirigé par un gouvernement autocratique, ostensiblement socialiste (que les États-Unis ont également qualifié de « terroriste »), alors de quoi s’agit-il?
Pensez à ce que le Canada et le Venezuela ont en commun. Comme c’est souvent le cas, il s’agit du pétrole. Le Venezuela possède les plus grandes réserves confirmées au monde (source en anglais), soit environ 300 milliards de barils, la plupart étant du pétrole de sables bitumineux « extra lourd ». Le Canada a un peu plus de la moitié de cette quantité dans ses sables bitumineux, mais de bitume plus dense.
Depuis son élection en 2024, Trump et ses acolytes ont l’œil sur les combustibles fossiles et les ressources minérales critiques du monde entier, de l’Amérique du Sud au Canada en passant par le Groenland. Certaines personnes aux États-Unis ne tentent même pas de cacher le véritable objectif de la présence étatsunienne au Venezuela.
« Le Venezuela constitue une mine d’or pour les compagnies pétrolières américaines, car cela représentera plus d’un billion de dollars en activité économique », a récemment déclaré la représentante républicaine Maria Salazar à Fox Business (source en anglais). « Les Vénézuéliens possèdent les plus grandes réserves de pétrole au monde, plus que l’Arabie saoudite. Ce sera un véritable butin pour nous en ce qui concerne les combustibles fossiles. »
Les gens aux États-Unis et dans le monde entier sont consternés, à juste titre, par les meurtres sur les bateaux, mais la situation dans son ensemble est encore plus inquiétante.
Les secteurs du pétrole, du gaz et du charbon exercent encore une influence considérable sur les économies mondiales et deviennent désespérés face à une réalité changeante.
« Initier une guerre d’agression n’est pas seulement un crime international, c’est le crime international suprême qui diffère des autres crimes de guerre, car il contient le mal accumulé de l’ensemble de l’humanité », a déclaré Robert Jackson (source en anglais), juge adjoint de la Cour suprême des États-Unis et procureur en chef, au début du Tribunal militaire de Nuremberg des criminels de guerre nazis.
Bien plus qu’un crime de guerre, envahir et tuer au nom des carburants polluants à l’origine des changements climatiques et des oligarques qui en profitent constitue un crime contre l’humanité.
Le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres (source en anglais), a déclaré à juste titre : « notre dépendance aux combustibles fossiles pousse l’humanité au bord du gouffre. Nous sommes confrontés à un choix difficile : soit nous arrêtons, soit elle nous arrête. Nous creusons nos propres tombes. »
Les secteurs du pétrole, du gaz et du charbon exercent encore une influence considérable sur les économies mondiales et deviennent désespérés face à une réalité changeante. Les énergies renouvelables provenant du soleil, du vent, de la géothermie et du stockage d’énergie sont désormais plus efficaces et beaucoup moins onéreuses que les énergies fossiles, les coûts chutant rapidement alors que les coûts des combustibles sales augmentent. Les énergies renouvelables permettent également une meilleure indépendance et une plus grande stabilité énergétique, ainsi qu’une répartition plus équitable des avantages.
Il est impossible d’ignorer ou de nier les impacts accélérés du réchauffement planétaire : inondations, sécheresses, pénuries d’eau, défaillances agricoles, extinctions de plantes et d’animaux, augmentation des maladies liées à la chaleur et aux conditions météorologiques extrêmes, décès et crises migratoires.
Pourquoi le Canada a-t-il gardé le silence au sujet des récentes attaques sur les bateaux? Nous pourrions être les prochains dans la mire des États-Unis.
L’administration Trump démontre le désespoir et la stupidité de cette folie alimentée par les énergies fossiles. Le président a qualifié les changements climatiques de « canular » et a encouragé l’expansion des combustibles fossiles tout en détruisant les gains modestes, mais significatifs, que son pays a réalisés en matière de politiques et de réglementations climatiques.
Pourquoi le Canada a-t-il gardé le silence au sujet des récentes attaques sur les bateaux? Nous pourrions être les prochains dans la mire des États-Unis. Est-ce que notre premier ministre adopte la stratégie de ne pas « tenter le diable »? Ou est-ce plutôt parce que le Canada est un acteur majeur dans le mouvement international insensé qui encourage l’exploitation d’un carburant sale et désuet, qui pourrait toutefois être incroyablement précieux s’il était utilisé plus judicieusement et avec parcimonie?
Quoi qu’il en soit, il est temps pour le Canada de prendre ses responsabilités et de devenir un leader dans la transition en plein essor et plus que nécessaire visant à abandonner les combustibles fossiles et passer à une énergie plus sûre, plus saine et plus propre.