Il nous faut absolument utiliser l’énergie de façon intelligente et efficace, délaisser rapidement les combustibles fossiles au profit d’énergies renouvelables, protéger et restaurer les milieux naturels et nous libérer du système économique consumériste et gaspilleur qui nous tient en otage. (Photo : Braeson Holland via Pexels)

Nous ne pouvons plus faire l’autruche : des incendies font rage en Californie; des inondations frappent l’Espagne; au Mexique, des singes meurent et tombent des arbres, victimes de la chaleur; la sécheresse sévit dans le sud de l’Afrique pendant que des ouragans dévastent les États-Unis. Les scientifiques confirment que 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée sur terre et dans les océans, allant jusqu’à dépasser les prévisions (source en anglais). La température moyenne mondiale a dépassé le seuil de 1,5 °C pour la première fois l’an dernier. Au cours de la dernière décennie, chaque année a battu un nouveau record de chaleur!

« À titre de comparaison, il y a trois millions d’années, lorsque les niveaux de la mer dépassaient de plusieurs mètres ceux d’aujourd’hui, les températures terrestres lors des périodes chaudes n’étaient qu’environ trois degrés plus élevées que durant l’ère préindustrielle », rapporte le climatologue de la NASA, Gavin Schmidt, dans le Guardian. « En 150 ans seulement, nous avons atteint la moitié du réchauffement enregistré à l’époque du Pliocène. »

Quand commencerons-nous à prendre cela au sérieux?

Tant que nous ne briserons pas les chaînes qui nous lient à cette économie suicidaire basée sur les combustibles fossiles, la dévastation n’ira que de mal en pis.

Les phénomènes météorologiques extrêmes augmentent et les écosystèmes s’effondrent, déclenchant des boucles de rétroaction et nous amenant à franchir des points de bascule, et pourtant, nous continuons comme si de rien n’était. Certes, nous avons réalisé de grands progrès et nous continuons d’en faire en matière d’énergies et de solutions renouvelables plus propres, mais la transition traîne, et c’est principalement dû à l’industrie des combustibles fossiles et à ses laquais de la classe médiatique et politique.

Minute après minute, pendant que nous tardons à abandonner le gaz, le pétrole et le charbon, davantage de gaz à effet de serre s’accumulent dans l’atmosphère, ce qui provoque des ravages de plus en plus importants, sur de longues périodes – des années, des décennies et même des siècles. Tant que nous ne briserons pas les chaînes qui nous lient à cette économie suicidaire basée sur les combustibles fossiles, la dévastation n’ira que de mal en pis. Les conséquences sont nombreuses : des feux de forêt gigantesques, attisés par un climat toujours plus chaud et sec et des vents puissants; une augmentation des précipitations sur des collines et des terres dénudées, terreau propice aux inondations et aux glissements de terrain; la raréfaction de l’eau, due à la fonte des glaciers et à l’assèchement des réservoirs; l’afflux de personnes migrantes, contraintes de fuir des zones devenues invivables à cause des températures à la hausse; la ruine de l’agriculture à cause des sécheresses et des inondations.

Par ailleurs, la crise climatique exacerbe une crise du coût de la vie. Les phénomènes météorologiques extrêmes, les inondations, les incendies, les sécheresses, la chaleur et la pollution génèrent des pertes agricoles, font grimper les coûts des soins de santé, entravent les chaînes d’approvisionnement et rendent l’assurance des biens inabordable ou impossible à obtenir dans les zones touchées.

Nous pouvons encore bâtir un monde meilleur en tirant des leçons de cette crise, mais le temps file.

C’est d’autant plus frustrant que les solutions existent et s’améliorent de jour en jour. La puissante industrie des combustibles fossiles et ses différents secteurs d’activité – notamment celui de l’industrie automobile – nous freinent toutefois. Pendant ce temps, les cadres d’entreprises accumulent des richesses indécentes et les conflits et les guerres génèrent des profits records.

L’air, l’eau et le territoire pourraient être plus propres; le climat pourrait être plus stable; les espaces verts pourraient être plus nombreux; nous pourrions jouir de meilleurs emplois et de conditions de travail plus favorables, d’une plus grande équité, d’une meilleure santé et d’un bien-être amélioré. Tout cela est possible si nous cessons de nous faire berner par l’idée que nous devons privilégier le profit au détriment de la planète.

Toutes les mesures se révèlent nécessaires : des solutions commerciales comme la tarification sur le carbone (la « taxe sur le carbone », comme on l’appelle souvent à tort) aux transitions pour s’éloigner du système capitaliste, qui détruit les systèmes planétaires essentiels au maintien de la vie.

Les changements s’opèrent difficilement et la tâche se complexifie si on laisse le problème dégénérer en crise. Si nous maintenons le statu quo, la vie deviendra plus difficile pour un nombre croissant d’entre nous ainsi que pour les générations à venir. Nous pouvons encore bâtir un monde meilleur en tirant des leçons de cette crise, mais le temps file.

Selon le New York Times, « si les nations avaient commencé à réduire leurs émissions en 2005, elles auraient pu procéder à des diminutions graduelles pour limiter le réchauffement à 1,5 degré ». En revanche, si elles avaient commencé en 2015 lors de l’adoption de l’Accord de Paris, « des réductions plus importantes auraient été nécessaires ». Or, « si les nations s’y attaquaient aujourd’hui, les émissions devraient être radicalement réduites, à un point pratiquement impossible à atteindre ». Il nous faut absolument utiliser l’énergie de façon intelligente et efficace, délaisser rapidement les combustibles fossiles au profit d’énergies renouvelables, protéger et restaurer les milieux naturels et nous libérer du système économique consumériste et gaspilleur qui nous tient en otage.

Non seulement il faut se tenir au courant de l’actualité et être engagé.e et dynamique, mais il faut aussi apprendre à reconnaître la vérité, malgré la propagande de l’industrie, et la dévoiler ensuite aux autres.

Pour opérer un changement, tout le monde devra mettre la main à la pâte. Non seulement il faut se tenir au courant de l’actualité et être engagé.e et dynamique, mais il faut aussi apprendre à reconnaître la vérité, malgré la propagande de l’industrie, et la dévoiler ensuite aux autres. Faisant écho aux propos du climatologue Peter Kalmus dans le Guardian, « nous devons déployer tous les moyens nécessaires pour réduire l’acceptabilité sociale à laquelle s’accrochent désespérément les milliardaires et l’industrie des combustibles fossiles ».

Incitons la classe politique, tous partis confondus, à prendre cette crise au sérieux et à agir. Impliquez-vous, tenez des conversations, écrivez des lettres, signez des pétitions, manifestez dans les rues, votez pour de bonnes politiques climatiques, passez du temps en nature – faites votre possible pour assurer un avenir plus radieux à tout le monde.

Si nous travaillons ensemble, ce que nous pouvons accomplir est illimité!