18 avril 2018 (Montréal) – Le mouvement Sortons la Caisse du carbone réagit à la publication d’une étude dévoilée ce matin par le groupe Recycle ta Caisse qui soutient que les actions possédées par la Caisse de dépôt et placement du Québec dans 50 entreprises de l’industrie pétrolière ont présenté un rendement moyen de -1,2 % entre le 1er janvier et le 31 décembre 2017.

Le mouvement Sortons la Caisse du carbone estime que ces données offrent une preuve concrète du fait que les industries pétrolières représentent un risque accru pour les cotisants et appelle la CDPQ à procéder rapidement à un désinvestissement complet du secteur des énergies fossiles. La Caisse doit également rendre public l’ensemble des rendements de ses investissements dans les hydrocarbures.

« Les scientifiques s’entendent pour dire qu’il est urgent de s’affranchir de notre dépendance aux hydrocarbures afin d’éviter un réchauffement climatique catastrophique. Chaque dollar investi dans les énergies fossiles est un dollar qui n’est pas investi dans le développement d’énergies renouvelables abordables. C’est un dollar qui nous confine dans notre dépendance au pétrole et ralentit la transition énergétique dont nous avons tant besoin », a déclaré Mélanie Busby de Mobilisation environnement Ahuntsic-Cartierville (MEAC) et porte-parole de la coalition Sortons la Caisse du carbone.

L’étude réalisée par Recycle ta Caisse estime que ce rendement négatif – auquel il faut ajouter la perte de profit qui aurait été réalisé en dehors des énergies fossiles – équivaudrait à une perte financière de l’ordre de 2,1 à 3,4 milliards $.

« Les rendements financiers inférieurs obtenus ces dernières années dans le pétrole et le gaz naturel constituent une des informations économiques les plus négligées. L’analyse du groupe Recycle ta Caisse corrige la situation au niveau de la CDPQ pour 2017. Les pertes à venir risquent d’être encore plus importantes, car la vitesse de la transition ne cesse de s’accélérer. C’est maintenant qu’il faut protéger l’argent des déposants en désinvestissant des énergies fossiles » a réagi Diego Creimer, de la Fondation David Suzuki.

Dans le contexte d’une économie mondiale ayant connu une forte croissance au cours de la période analysée, le piètre rendement des actifs dans le secteur gazier et pétrolier met en évidence la nécessité pour la Caisse de se retirer de ces secteurs.

« La CDPQ investit l’argent des épargnants dans des entreprises développant des projets ayant des impacts désastreux sur l’eau et le climat, et entraînant des violations des droits des peuples autochtones. C’est le cas de Kinder Morgan avec son oléoduc Trans Mountain qui sème présentement une crise à travers le Canada. Justice Climatique Montréal ainsi que l’ensemble de la coalition Sortons la Caisse du carbone se solidarisent avec les Nations Salish de la côte et leurs supporteurs en Colombie-Britannique qui se tiennent debout contre le gouvernement fédéral en défense des eaux et de la terre », a déclaré Jen Gobby, membre de Justice Climatique Montréal.

« La Caisse doit suivre l’exemple d’institutions comme le fonds souverain norvégien, BNP Paribas, AXA et la Ville de New York qui ont déjà entamé leur processus de désinvestissement des combustibles fossiles. Plus vite la Caisse désinvestira des hydrocarbures au profit des énergies renouvelables, moins elle mettra à risque ses investissements, l’environnement et le climat planétaire », rappelle Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace. « Les rendements sur les investissements ne s’évaluent pas seulement en termes financiers à court terme. Or non seulement ceux-ci ne sont pas au rendez-vous, mais ils le sont encore moins à long terme. Continuer à investir dans les énergies fossiles, c’est contribuer à augmenter l’intensité et la quantité des extrêmes climatiques et à participer ainsi à la détérioration des conditions de vie de nos enfants, de nos petits-enfants et des générations futures », affirme pour sa part Pierre Prudhomme, citoyen retraité et membre du Mouvement des Travailleuses et Travailleurs chrétiens du Québec.

Le mouvement Sortons la Caisse du carbone estime qu’en plus de nuire fortement à l’atteinte des objectifs fixés par le Québec en matière de réduction des gaz à effet de serre, les choix de la Caisse engendrent des pertes de rendements pour l’ensemble des Québécoises et des Québécois.

Pour consulter l’étude: http://bit.ly/pertesCDPQ2016-17

 

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Renseignements :

Diego Creimer, communications, dcreimer@davidsuzuki.org 514-999-6743

 

À propos :

Le Mouvement Sortons la Caisse du carbone regroupe plusieurs organismes environnementaux, syndicats, groupes citoyens et religieux demandant un désinvestissement complet de la Caisse de dépôt et placement du Québec du secteur des énergies fossiles.