
Le Jardin des Nations-Autochtones est situé au cœur du Jardin botanique de Montréal. (Photo : Le Jardin des Nations-Autochtones via Espace pour la vie, Montréal)
Partout au Canada, des communautés créent des jardins de guérison, des espaces extérieurs qui permettent aux gens de se rassembler pour réfléchir, apprendre, se souvenir et renouer avec le territoire.
Qu’est-ce qu’un jardin de guérison?
Ces espaces peuvent porter différents noms. Certains sont connus sous le nom de jardins médicinaux, jardins de plantes traditionnelles, jardins d’enseignement et jardins de réconciliation. Certains sont de grands espaces publics tandis que d’autres se trouvent dans des cours d’école, des cours d’hôpital, des terrains d’église, des parcs communautaires ou des espaces verts de quartier.
Leur point commun est un engagement à guérir les relations les un·es avec les autres, avec la nature et avec l’histoire des lieux que nous considérons comme chez nous.
De nombreux jardins de guérison sont dirigés par des Autochtones ou créés en partenariat avec des communautés autochtones, des Aîné·es, des gardien·nes du savoir et des organisations. Ils comprennent souvent des plantes indigènes, médicinales et culturellement importantes et offrent des occasions de se rassembler, d’apprendre, de réfléchir et de participer à des cérémonies.
Plusieurs de ces espaces sont associés à l’Initiative nationale des forêts de la guérison, un réseau en pleine croissance de communautés qui créent des lieux de réflexion et de réconciliation. Les forêts de la guérison sont souvent des paysages plus vastes, mais de nombreuses communautés créent également des jardins de guérison, des jardins médicinaux et des jardins de plantes traditionnelles qui partagent des objectifs et des valeurs similaires.
Importance des jardins de guérison
Les jardins de guérison offrent aux communautés un moyen tangible de :
- Rendre hommage à l’histoire, à la culture et aux savoirs autochtones
- Créer des espaces de réflexion et de souvenir
- Soutenir le bien-être mental, physique et spirituel
- Restaurer l’habitat des pollinisateurs, des oiseaux et d’autres espèces sauvages
- Créer des relations plus fortes entre les personnes et les lieux
- Rassembler les communautés par le biais d’une intendance collaborative
Comme les jardins d’habitat, les jardins de guérison démontrent que même les espaces relativement petits peuvent avoir un impact significatif. Une cour arrière de maison, une cour d’école ou un jardin communautaire peuvent devenir un lieu où les histoires sont racontées, où les plantes médicinales sont cultivées et où les liens sont renforcés.
La guérison se produit en relation : les un·es avec les autres, avec le territoire et avec les histoires qui nous relient.
— Patricia Stirbys, cofondatrice, Initiative nationale des forêts de la guérison
Un mouvement en pleine croissance
Depuis 2015, l’Initiative nationale des forêts de la guérison aide les communautés de partout au Canada à créer des forêts de guérison.
Le réseau comprend maintenant des projets dans des parcs, des écoles, des centres de santé, des établissements culturels, des lieux de culte et des espaces de rassemblement communautaires. En plus des forêts de guérison, de nombreuses communautés ont établi des jardins de guérison, des jardins médicinaux et des jardins de plantes traditionnelles qui ont des objectifs similaires. Ensemble, ces espaces forment un mouvement en pleine croissance et fondé sur les relations, l’apprentissage axé sur le territoire et l’intendance communautaire.
Voici quelques exemples de jardins de guérison au Canada :
Noojimo’iwewin Gitigaan, Toronto (Ontario)
Situé à l’église unie St. Matthew, Noojimo’iwewin Gitigaan est un jardin de guérison communautaire qui comprend des plantes médicinales sacrées, des jardins de pluie, des sentiers et des espaces dédiés à la cérémonie et la réflexion. Il a été l’un des premiers sites à faire partie de l’initiative des forêts de guérison au pays et continue d’accueillir des rassemblements saisonniers, d’offrir des occasions d’apprentissage et d’organiser des événements communautaires.
Photo : Noojimo’iwewin Gitigaan
Gitigaan Mashkiki (jardin médicinal), Richmond Hill (Ontario)
Le projet Gitigaan Mashkiki est un réseau de jardins médicinaux autochtones dirigés par la communauté, créés grâce à des partenariats entre des membres autochtones et allochtones de la communauté et soutenu par la ville de Richmond Hill. Les jardins comprennent des plantes médicinales traditionnelles et des plantes indigènes tout en servant d’espace pour l’éducation, l’apprentissage culturel et la réconciliation. Grâce à des ateliers, des cérémonies et des activités d’intendance, les jardins aident les personnes qui les visitent à approfondir leur compréhension des plantes traditionnelles et des relations avec le territoire.
Photo : Gitigaan Mashkiki
Jardin des Nations-Autochtones, Montréal (Québec)
Situé au cœur du Jardin botanique de Montréal, cet espace de 2,5 hectares représente les cultures et les connaissances des Premières Nations à travers des centaines d’espèces végétales, de programmes éducatifs et d’espaces de rassemblement. Développé avec des conseillères et conseillers autochtones, il est devenu l’un des jardins autochtones les plus importants du Canada.
Photo : Studio du Ruisseau @ SMQ via Espace Pour La Vie Montréal
Jardin de plantes indigènes à la ferme-école Downtown, Squamish (Colombie-Britannique)
Situé entre l’école secondaire Howe Sound et l’école primaire Squamish sur le territoire traditionnel des Sḵwx̱wú7mesh Úxwumixw (Nation Squamish), ce jardin de plantes indigènes a été créé pour permettre aux élèves et aux membres de la communauté de se détendre, de réfléchir et d’entrer en contact avec les plantes traditionnelles.
Le jardin met en valeur des espèces culturellement importantes et aide les personnes qui le visitent à apprendre leur nom et la prononciation en langue Sḵwx̱wú7mesh. Développé grâce à la collaboration entre des écoles, des partenaires communautaires et des gardien·nes des savoirs autochtones, l’espace démontre comment les terrains scolaires peuvent devenir des lieux d’apprentissage, de revitalisation culturelle et de connexion au territoire.
Photo : Squamish Climate Action Network
Jardin de guérison et forêt alimentaire autochtone Chén̓chenstway, Vancouver (Colombie-Britannique)
Situé dans le parc New Brighton à Vancouver, sur les territoires traditionnels des Nations xʷməθkʷəy̓əm (Musqueam), Sḵwx̱wú7mesh (Squamish) et səlilwətaɬ (Tsleil-Waututh), le jardin de guérison et la forêt alimentaire autochtone Chén̓chenstway composent un espace communautaire inclusif qui honore les savoirs, les systèmes alimentaires et les relations avec le territoire des Autochtones.
Le jardin comprend des plantes médicinales et comestibles traditionnellement utilisées par les peuples autochtones et a été créé grâce à un partenariat entre la Vancouver Urban Food Forest Foundation, l’Aboriginal Mother Centre Society et le Vancouver Park Board, avec les conseils de gardien·nes des savoirs autochtones. Chén̓chenstway, qui signifie « s’entraider » dans la langue Sḵwx̱wú7mesh, reflète l’objectif du jardin en tant que lieu favorisant l’apprentissage intergénérationnel et interculturel, la connexion communautaire et la revitalisation des savoirs autochtones en matière d’aliments et de plantes.
Photo : Chén̓chenstway Healing Garden and Indigenous Food Forest via Instagram
Jardin de guérison autochtone, Université d’Ottawa (Ontario)
Créé avec les conseils de l’Aînée Kitigan Zibi Anishinābeg Annie Smith Saint-Georges, le jardin de guérison autochtone de l’Université d’Ottawa comprend des plantes médicinales traditionnelles et sert de lieu d’apprentissage, de réflexion et de réconciliation au sein de la faculté de médecine.
Photo : Jardin de guérison autochtone via l’Université d’Ottawa
Éléments communs des jardins de guérison
Il n’y a pas deux jardins de guérison identiques, mais beaucoup comprennent :
- Des plantes indigènes qui soutiennent la biodiversité locale
- Des plantes sacrées et médicinales choisies grâce à des conseils culturellement pertinents
- Des aires de repos, des cercles de rassemblement ou des sentiers contemplatifs
- De l’art public, des panneaux d’interprétation ou de narration
- Une programmation éducative et des événements communautaires
- Une intendance à long terme par des bénévoles, des organisations ou des institutions locales
Les jardins de guérison sont des espaces de vie qui évoluent au fil du temps, reflétant les besoins, les histoires et les relations des communautés qui s’occupent d’eux.
Comment créer un jardin de guérison dans votre communauté
Il n’y a pas de formule pour créer votre propre jardin de guérison. Les projets les plus réussis sont basés sur les relations locales et guidés par les besoins de la communauté.
Si votre communauté souhaite créer un jardin de guérison :
- Commencez par établir des relations avec les communautés autochtones, les organisations, les Aîné·es ou les gardien·nes du savoir de votre communauté
- Identifiez un espace extérieur approprié
- Définissez l’objectif du jardin avec les membres de la communauté
- Incorporez des plantes indigènes et des éléments qui soutiennent la biodiversité
- Créez des occasions d’apprentissage, de réflexion et de rassemblement
- Élaborez un plan d’intendance à long terme pour prendre soin de l’espace
Les jardins de guérison n’ont pas besoin d’être grands pour être efficaces. Ce qui importe le plus, c’est l’intention qui se cache derrière la création de l’espace et les relations qui le soutiendront.
Pour en savoir plus
La Fondation David Suzuki est fière de soutenir les efforts communautaires qui reconnectent les gens à la nature et renforcent les relations avec le lieu.
Pour découvrir les forêts de guérison et les projets connexes partout au Canada, visitez le site Web de l’Initiative nationale des forêts de la guérison et la carte interactive.
Explorez nos ressources en matière de jardin d’habitat, comme notre article sur les pollinisateurs et ces ressources pratiques en matière de jardin d’habitat, contenant des liens pour en apprendre davantage sur les plantes indigènes, l’habitat des pollinisateurs et l’intendance communautaire. Mis ensemble, ces efforts peuvent contribuer à créer des communautés plus saines, plus connectées et plus résilientes.