
Les peuples autochtones vivaient sur ces terres avant l’arrivée des colons européens. Les efforts récents pour faire progresser les modèles de cogouvernance et respecter les droits autochtones avant les activités d’extraction visent à faire progresser la justice sociale et à remédier aux héritages du colonialisme bien intégrés dans l’histoire du Canada. (Photo : Janis Bras via Flickr)
Au Canada, les progrès en matière de justice sociale et écologique se heurtent souvent à des obstacles.
Lorsque les femmes ont obtenu le droit de vote en 1918, des organisations qui affirmaient que le vote était incompatible avec les « rôles traditionnels » des femmes ont vu le jour (source en anglais).
Lorsque les soins de santé universels ont été instaurés dans les années 1960, les médecins de la Saskatchewan ont déclaré la grève, accusant le gouvernement d’exercer trop de contrôle sur les soins de santé (source en anglais).
L’Ontario fut la première province à adopter, en 1976, une loi exigeant que les personnes prenant place dans des véhicules automobiles portent leur ceinture de sécurité, puis d’autres provinces et territoires ont emboîté le pas par la suite. Mais les lois ont subi de l’opposition, comme l’illustre une lettre de 1974 adressée au Toronto Star : « Quand j’ai vu l’éditorial sur le fait d’imposer le port de la ceinture de sécurité à tout le monde, je n’en croyais pas mes yeux. Ce serait tellement facile pour tout le monde si nous pouvions résoudre nos problèmes de cette façon, juste pour faire faire aux gens ce que vous ou moi croyons être bon pour eux. Me refuseriez-vous le droit de choisir le risque que je veux assumer? » (source en anglais).
Les grands changements créent de l’incertitude, ce qui peut générer des préoccupations légitimes utilisées comme levier par les gens qui souhaitent conserver le pouvoir ou le profit.
Les lois interdisant de fumer dans les lieux publics adoptées à partir de la fin des années 1990 jusqu’aux années 2000 ont également suscité des réactions négatives; en effet, l’industrie hôtelière affirmait que les règlements nuiraient aux entreprises telles que les restaurants et les bars.
Lorsque les provinces et le gouvernement fédéral ont instauré la tarification du carbone pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, le slogan « supprimer la taxe » est devenu très populaire. La désinformation ne mentionne pas les remboursements fédéraux et le potentiel qu’offre la taxe de réduire considérablement la contribution néfaste du Canada aux changements climatiques.
Les grands changements créent de l’incertitude, ce qui peut générer des préoccupations légitimes utilisées comme levier par les gens qui souhaitent conserver le pouvoir ou le profit. Mais comme le démontrent les règlements sur les ceintures de sécurité et la cigarette, entre autres exemples, les gens finissent par s’adapter. L’incertitude ne devrait pas être utilisée pour freiner le progrès.
Les entreprises et les figures politiques tentent maintenant d’amener le Canada et la Colombie-Britannique à abandonner leurs engagements à respecter les droits autochtones et les obligations associées en vertu de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
Nous connaissons bien cette ritournelle : les gens qui ont un pouvoir établi cherchent à empêcher le changement; elles se cachent derrière les préoccupations et les doutes des membres de la communauté, mais elles se tournent rapidement contre ces mêmes communautés quand il est dans leur intérêt de le faire.
La contestation judiciaire de la Première Nation Kebaowek contre les laboratoires nucléaires canadiens concernant un projet d’installation de gestion de déchets nucléaires près de la rivière des Outaouais illustre comment les progrès en matière de droits autochtones rencontrent souvent de la résistance. Dans une décision historique, la juge Julie Blackhawk a affirmé que les engagements du Canada dans le cadre de la DNUDPA doivent orienter de manière significative la prise de décisions du gouvernement fédéral. Les laboratoires nucléaires canadiens ont fait appel de la décision, contestant l’application de la Loi sur la déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et l’exigence d’obtenir le consentement libre, préalable et éclairé des nations autochtones (source en anglais).
L’incertitude est également une arme utilisée par les personnes s’opposant aux aires marines protégées dirigées par les Autochtones. Elles font valoir et exploitent les craintes et les incertitudes des petites entreprises concernées tout en s’opposant aux intérêts d’autres petits exploitants, y compris les pêcheurs récréatifs, qui soutiennent les AMP (sources en anglais).
Nous connaissons bien cette ritournelle : les gens qui ont un pouvoir établi cherchent à empêcher le changement; elles se cachent derrière les préoccupations et les doutes des membres de la communauté, mais elles se tournent rapidement contre ces mêmes communautés quand il est dans leur intérêt de le faire.
Au Manitoba, l’opposition envers une initiative de Parcs Canada visant à établir des corridors pour maintenir ou rétablir la connectivité écologique se base, entre autres, sur des stratégies d’intimidation en matière de gouvernance autochtone. Lors d’une réunion du Comité permanent de l’environnement et du développement durable en 2024, un conseiller en politiques du groupe de défense de la chasse et de la pêche, la Fédération de la faune du Manitoba, a déclaré : « La notion de responsabilité ne peut pas exister lorsque la gestion du programme repose sur Parcs Canada et qu’elle se fonde sur les aires protégées autochtones ou sur divers mécanismes de contrôle qui ne sont pas gérés par les élus ».
Mettons de côté la peur, opposons-nous à l’opposition et continuons notre progrès, ensemble.
Les peuples autochtones vivaient sur ces terres avant l’arrivée des colons européens. Les efforts récents pour faire progresser les modèles de cogouvernance et respecter les droits autochtones avant les activités d’extraction visent à faire progresser la justice sociale et à remédier aux héritages du colonialisme bien intégrés dans l’histoire du Canada.
Une récente lettre commune de syndicats, d’universitaires, de médecins et d’organismes de conservation de la Colombie-Britannique dit : « nous vivons une grande inquiétude face à la récente montée de la rhétorique antiautochtone et de la peur dans cette province qui ont présenté la mise en œuvre des droits fondamentaux des peuples autochtones comme préjudiciable à la croissance économique, à la sécurité et aux intérêts des autres ». La lettre ajoute : « nous croyons que nos futurs sont indissociables et que notre prospérité collective est inextricablement liée » (source en anglais).
Comme l’affirme le Yellowhead Institute, « les droits ancestraux au sein du droit canadien ne confèrent pas de droits aux peuples autochtones; ils reconnaissent simplement les obligations de la Couronne » (source en anglais). Les peuples autochtones ont des droits inhérents qui sont fondamentaux pour les droits conventionnels, humains et constitutionnels.
Nous avons l’occasion de bien faire les choses au Canada. Mettons de côté la peur, opposons-nous à l’opposition et continuons notre progrès, ensemble.