
Le secret d’une longue vie en bonne santé, selon la science, est l’exercice. Des études démontrent que l’exercice réduit le risque de souffrir de plusieurs maladies associées à la vieillesse, notamment le diabète, l’obésité, le cancer, la maladie d’Alzheimer, les accidents vasculaires cérébraux et les maladies cardiaques.
Le 24 mars, je compléterai mon 90e tour autour du soleil. On me demande souvent à quoi je dois ma longévité. Je plaisante souvent en disant que j’ai bien choisi mes parents. En tant que généticien, je sais que la loterie génétique joue un grand rôle.
J’ai déjà interviewé un médecin de Toronto qui continuait de traiter des patients après l’âge de 100 ans. J’ai demandé à quoi il devait sa longévité. « Le gruau », a-t-il répondu. J’en mange tous les jours. » Il était sérieux, mais sa croyance était anecdotique et ne prouvait rien.
Le secret d’une longue vie en bonne santé, selon la science, est l’exercice. Des études démontrent que l’exercice réduit le risque de souffrir de plusieurs maladies associées à la vieillesse, notamment le diabète, l’obésité, le cancer, la maladie d’Alzheimer, les accidents vasculaires cérébraux et les maladies cardiaques (source en anglais). Aucun médicament, régime ou traitement ne peut offrir tous les bienfaits ni le taux de réduction du risque que l’exercice offre.
Je n’ai jamais cherché à éviter délibérément les problèmes médicaux liés au vieillissement en faisant de l’exercice.
Comme le gruau du médecin, mon expérience personnelle en matière d’exercice est anecdotique. Néanmoins, cela a été une partie essentielle de ma vie et de ma santé, et la science corrobore ses bienfaits (ainsi que les bienfaits du gruau). Je n’ai jamais cherché à éviter délibérément les problèmes médicaux liés au vieillissement en faisant de l’exercice. J’ai eu de la chance à cause des circonstances de la vie.
La Deuxième Guerre mondiale a permis aux racistes et aux opportunistes de pousser le Parlement à qualifier les personnes canadiennes d’origine japonaise d’« étrangers ennemis », y compris celles qui, comme mes parents, mes sœurs et moi, étaient nées et avaient grandi au Canada et n’étaient même jamais allées au Japon. Tous nos droits de citoyenneté ont été suspendus en vertu de la Loi sur les mesures de guerre.
À la fin de la guerre, la Colombie-Britannique a vu une occasion d’éliminer une partie du « péril jaune » en offrant un choix aux personnes incarcérées dans des camps : renoncer à la citoyenneté pour un billet aller simple vers le Japon ou déménager à l’est des montagnes Rocheuses. Ma famille n’avait pas le choix, car le Japon était un pays étranger et mes sœurs et moi ne parlions pas japonais.
En 1945, nous nous sommes retrouvés sur une ferme dans le sud de l’Ontario (source en anglais). Nous, les enfants, cueillions des baies et récoltions des légumes pour compléter le maigre revenu de la famille. Le travail agricole commençait à 7 heures du matin. À midi, nous arrêtions une demi-heure pour le dîner, puis nous travaillions jusqu’à 18 heures, six jours par semaine. C’était un travail difficile, mais je n’ai jamais trouvé que c’était terrible. C’était de l’activité physique. Il n’y avait pas de salles d’entraînement ou de programmes de conditionnement physique; nous bougions, tout simplement.
Nous passions beaucoup de temps à regarder dans des microscopes, ce qui était très différent de pelleter du gravier ou de marteler des clous.
Quand ma famille a déménagé à London, en Ontario, j’ai décroché un emploi dans la construction; je pelletais du gravier, je transportais du bois d’œuvre, je maniais le marteau et je sciais du bois pour construire des maisons. C’était difficile comme travail, mais j’ai adoré. J’étais musclé.
J’ai continué à travailler dans la construction les fins de semaine, les jours fériés et les mois d’été jusqu’à ce que j’obtienne mon diplôme universitaire en 1958. Cette année-là, j’ai obtenu un emploi de biologiste aquatique dans le nord de l’Ontario. Plus tard, je me suis inscrit aux études supérieures en génétique et j’ai choisi d’étudier la mouche à fruits, la drosophile (source en anglais).
Nous passions beaucoup de temps à regarder dans des microscopes, ce qui était très différent de pelleter du gravier ou de marteler des clous. Je suis devenu plutôt dodu. Mais cela ne me dérangeait pas; j’étais tellement emballé par les travaux de recherche.
À 35 ans, j’ai rencontré ma partenaire de vie, Tara, qui est toujours avec moi après 53 ans. Elle avait 12 ans de moins que moi. Un an après notre mariage, je prenais l’avion de San Francisco à Toronto avec un changement de vol à l’énorme aéroport international O’Hare de Chicago. J’ai atterri à une extrémité du terminal. Air Canada était à l’autre extrémité. Avec seulement une demi-heure pour faire ma correspondance, j’ai attrapé mon sac et j’ai commencé à courir. À mi-chemin, j’étais plié en deux, complètement essoufflé et épuisé. J’ai raté mon vol.
Aujourd’hui, les personnes âgées sont le groupe démographique qui augmente le plus rapidement dans la société. Elles devraient être reconnues et appréciées pour ce qu’elles ont vécu et ce dont elles ont été témoins.
Mais cela a été une épiphanie. J’ai décidé de m’inscrire à un cours d’exercice de la faculté.
Au début, je faisais principalement du jogging et j’étais découragé, car je n’étais pas du tout en forme. Quand j’ai rencontré Tara, je fumais la cigarette, je buvais de l’alcool et je ne faisais pas attention à mon alimentation. Quand j’ai commencé à assister à un cours de mise en forme, je ne pouvais même pas terminer un tour de piste sans m’arrêter. Mais j’ai continué et, au fil des semaines, mon corps a réagi.
Pendant des années, j’étais adepte de course. Après des décennies d’entraînement, j’ai retrouvé mon poids du secondaire, bien que mon corps ait changé en raison de la gravité, des changements de la peau et de la vieillesse.
Aujourd’hui, les personnes âgées sont le groupe démographique qui augmente le plus rapidement dans la société. Elles devraient être reconnues et appréciées pour ce qu’elles ont vécu et ce dont elles ont été témoins. Et les gouvernements devraient subventionner les programmes et les centres de conditionnement physique pour aider les personnes âgées à bouger leur corps.