
La plupart des personnes habitant notre planète aujourd’hui la verront se transformer en une serre infernale. Nous avons créé une urgence qui menace toute l’humanité. (Photo : Lal Torman via Pexels)
Des scientifiques allemands nous mettent en garde que le réchauffement de la planète s’accélère, qu’elle pourrait se réchauffer de 3 °C par rapport aux niveaux préindustriels d’ici 2050 (dans 24 ans seulement!) et que nous pourrions dépasser les 5 °C d’ici la fin du siècle (source en anglais).
Cela devrait être l’une des nouvelles les plus médiatisées. Cela devrait alarmer tout le monde. Cela devrait inciter les politiciens à agir d’urgence.
Les conséquences seraient catastrophiques. Une augmentation de 3 °C ne signifie pas que cette augmentation de température serait uniforme partout au monde. Certaines zones pourraient connaître des températures jusqu’à 10 degrés plus élevées que la normale, atteignant plus de 50 °C.
Cela entraînerait des sécheresses plus longues, des pénuries d’eau généralisées, des feux de forêt intenses et des zones désertiques s’étendant du Sahara à l’Espagne. Les conditions météorologiques deviendraient de plus en plus imprévisibles, avec des événements plus extrêmes, notamment de fortes pluies et des inondations dans certaines régions. Des vagues de chaleur prolongées provoqueraient plus de maladies et de décès et entraîneraient plus de migrations alors que les gens fuiraient les zones inhospitalières.
Mais pour rester en dessous de l’objectif ferme convenu de 2 °C, les scientifiques affirment que la communauté internationale devra absolument intensifier considérablement ses efforts.
Dans certaines régions tropicales, la chaleur et l’humidité extrêmes rendraient impossible la survie à l’extérieur pour la première fois dans l’histoire. Les pertes de récoltes et la sécheresse provoqueraient des pénuries de nourriture. Encore plus de plantes et d’animaux disparaîtraient. Les températures élevées des océans, la diminution de la teneur en oxygène et l’augmentation de la concentration d’acide carbonique, qui sont déjà de plus en plus courantes, menaceraient encore plus la vie aquatique. L’élévation du niveau de la mer augmenterait encore, mettant en danger les communautés côtières.
La déclaration commune de la Société allemande de physique et de la Société allemande de météorologie (source en allemand) indique que la température moyenne mondiale a déjà dépassé le seuil de 1,5 °C plusieurs fois au cours des deux dernières années, et que ce seuil, le niveau idéaliste que les Nations du monde ont accepté de ne pas dépasser avec l’Accord de Paris de 2015, a peut-être été dépassé de façon permanente.
La déclaration note que ces scénarios ne représentent pas une fatalité inéluctable. Mais pour rester en dessous de l’objectif ferme convenu de 2 °C, les scientifiques affirment que la communauté internationale devra absolument intensifier considérablement ses efforts.
Cela signifie qu’il faut rapidement abandonner les combustibles fossiles et passer aux énergies renouvelables, il faut conserver et utiliser l’énergie plus efficacement et il faut protéger et restaurer les puits de carbone tels que les forêts, les tourbières et les milieux humides. Il faudra également développer les technologies pour éliminer le dioxyde de carbone de l’atmosphère, car nous en avons déjà suffisamment produit pour que la planète continue de se réchauffer pendant des années.
Ces scientifiques proposent de nombreuses solutions, dont la plupart sont déjà connues.
Nous devrons également mettre en œuvre davantage de mesures pour nous adapter aux changements irréversibles que nous avons déjà causés par notre utilisation abusive du charbon, du pétrole et du gaz, et notre destruction effrénée des systèmes naturels qui stockent le carbone.
« L’objectif des conférences sur le climat était de ralentir la hausse du CO2 et idéalement de l’inverser », a déclaré Frank Böttcher, président de la Société météorologique allemande, à l’hebdomadaire Die Zeit. « Pourtant, malgré tous les engagements, le taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère continue d’augmenter. En analysant les actions prises par la sphère politique, je résumerais la situation comme suit : trop peu, trop lent, trop tard. »
Les scientifiques notent que nous sommes confrontés à un réel défi, en particulier compte tenu des actions du gouvernement des États-Unis actuel (source en anglais), qui se retire des accords internationaux, renverse les politiques climatiques et tente d’accélérer la production de combustibles fossiles, sans parler de ses tentatives de s’emparer des vastes réserves de pétrole brut lourd du Venezuela.
« Nos collègues des États-Unis, en particulier, subissent une pression très forte, surtout dans le domaine des sciences climatiques », déclare Klaus Richter, président de la Société allemande de physique, à Die Zeit. « Mais, pour limiter le réchauffement climatique, il faut la contribution de presque toutes les disciplines scientifiques en collaboration avec la société, bien au-delà des sciences naturelles. »
La politique et l’économie ne peuvent plus nous empêcher d’adopter ces mesures dès maintenant.
Ces scientifiques proposent de nombreuses solutions, dont la plupart sont déjà connues. Il s’agit notamment de sensibiliser la population au danger réel et urgent du réchauffement climatique causé par l’humain, de réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre, d’adhérer à l’Accord de Paris, d’utiliser des mesures économiques pour éviter les émissions de gaz à effet de serre et d’encourager l’utilisation de produits à faible émission, de promouvoir des moyens de stockage du CO2 par le biais du reboisement, de la protection et de la restauration des tourbières et l’utilisation du bois comme matériau de construction, de développer des méthodes pour s’adapter aux conséquences du réchauffement climatique, de planifier le retrait de certaines zones côtières et de veiller à ce que la société reçoive des informations crédibles et scientifiques.
La plupart des personnes habitant notre planète aujourd’hui la verront se transformer en une serre infernale. Nous avons créé une urgence qui menace toute l’humanité.
La politique et l’économie ne peuvent plus nous empêcher d’adopter ces mesures dès maintenant. Si nous ne laissons pas les scientifiques et leurs découvertes nous guider, de quoi avons-nous besoin?