Sauver les abeilles à coup de boucles d’oreilles : le pouvoir du marketing social

Ah les médias sociaux, ils connaissent tout de nos intérêts. On clique sur un article, on aime une photo ou encore une page, et hop, voilà qu’on reçoit plein d’autres nouvelles sur des sujets reliés. Depuis quelques temps, je me fais bombarder par différents organismes : on tente de me vendre des bracelets qui viennent avec la promesse de retirer des résidus de plastique des océans. Je me fais aussi bombarder d’articles promotionnels mettant en vedette de jolies abeilles pour soutenir un organisme qui sensibilise à l’importance du rôle des pollinisateurs.

Est-ce l’exposition abusive à des publicités ou l’atteinte d’une corde sensible, quoi qu’il en soit, je me suis faite prendre au jeu : j’ai acheté en ligne des boucles d’oreilles en forme d’abeille! Après avoir visiblement parcouru 10 000 km et fait rougir mes lobes par leur piètre qualité, elles ont été reléguées dans le fond d’une boîte avec d’autres items de la catégorie « je conserve par principe, mais je pourrais jeter! ». Quoique j’ai pensé leur donner une deuxième vie en tant qu’épinglettes… Peu importe, l’exercice m’a portée à réfléchir sur les raisons sous-jacentes à cette acquisition. Je connais les rouages du marketing. J’ai quand même accepté de plein gré de recevoir un article promotionnel qui aurait pu être évité.

Pourquoi? Parce que cet item répondait à un besoin : celui d’aider ou de penser aider. Le besoin de contribuer à une cause, à un mouvement. Le besoin de faire du bien. Pour le sentiment d’appartenance. On ne s’identifie plus seulement à une marque ou à une entreprise en arborant fièrement un logo, on s’identifie maintenant, et de plus en plus, à des causes. Sans nommer de marque, je peux dire que j’aime porter mes souliers faits par une entreprise qui s’est donnée la mission sociale de chausser les personnes plus vulnérables. J’aime mon sac à bandoulière montréalais fait de bouteilles de plastique recyclées par une entreprise innovante dans son choix de matières premières responsables. J’étais fière d’arborer de petites abeilles. Comme quoi le marketing fait son œuvre.

Des décisions qui font la différence

J’ai cru bon partager cette histoire à la venue du temps des Fêtes, peut-être pour allumer les radars de la générosité et de la consommation qui sont sollicités plus que jamais à cette période. Parce qu’en y repensant, si je souhaite m’investir dans la cause des pollinisateurs, ma contribution serait plus notable si je plantais davantage de fleurs mellifères dans mes plates-bandes. Si je souhaite contribuer à la diminution du plastique dans les océans, c’est entre autres en évitant l’achat d’emballages portionnés ou encore en refusant un article en plastique. Nos actions individuelles peuvent avoir de l’impact. Nos décisions d’achat aussi. Pour reprendre les mots de l’écosociologue Laure Waridel, «acheter c’est voter»!

Acheter ou ne pas acheter, voilà la question…

Loin de moi l’idée, par ce billet, de décourager à investir dans des causes ou encore de discréditer des marques. Je souhaitais simplement amener un questionnement, une réflexion sur la puissance du marketing. Réfléchissons nos achats. Si besoin il y a, choisissons au moins des marques qui font du bien. Du bien moral, mais surtout du bien sur le terrain. Des marques qui ont une valeur ajoutée, qui ont un sens éthique des affaires, qui sont engagées pour un développement durable. Pour les causes, le don en nature, et sans contrepartie, est celui qui a toujours eu et qui aura toujours le plus d’impact. Les petits items offerts en prime sont des frais directs à leur fonctionnement. C’est ça de moins dans leurs poches, et ça de plus dans votre boîte « je conserve par principe, mais je pourrais jeter! ».

Pour vous aider ou vous inspirer dans vos choix

Vous souhaitez investir dans une cause, mais vous ne savez pas quelle choisir? Il existe une plateforme qui recense plus de 85 000 organismes de bienfaisance enregistrés au Canada : CanaDon.org. Vous pouvez chercher par catégorie, par lieu, par étendue des actions. Petit conseil : utilisez un autre fureteur qu’Explorer pour vos filtres.

Vous cherchez des entreprises responsables? La meilleure façon de connaître leurs actions, c’est d’aller consulter leur site web. L’endossement des produits par une tierce partie peut aussi aider. Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a bâti un Répertoire des écoétiquettes pour mieux s’y retrouver.

Ici des réflexions sur le thème de la consommation pendant le temps des Fêtes :
Un Noël « sans bébelles »
Un Noël avec des cadeaux dont on a réellement besoin