Montréal – Un rapport scientifique de la Fondation David Suzuki publié aujourd’hui démontre que le secteur de 185 hectares à Pierrefonds/L’Anse-à-l’Orme actuellement visé par un grand projet immobilier abrite plusieurs espèces animales et végétales se classant dans l’une ou l’autre des catégories à statut précaire au sens de la Loi fédérale sur les espèces en péril et cela, en plus grand nombre qu’attendu.

Le rapport élaboré par les chercheurs Marie-Eve Roy et Jérôme Dupras de l’Institut des sciences de la forêt tempérée de l’Université du Québec en Outaouais, et Patrick Gravel de la Coopérative de solidarité des Forêts et des Gens, souligne que le développement résidentiel de ce secteur riche en biodiversité et notamment en espèces rares entraînerait une perte d’habitat terrestre directe et une diminution de la taille des habitats résiduels. Il augmenterait aussi la possibilité de dégradation de l’habitat aquatique et de perte de connectivité des habitats à différentes échelles.

«Cette étude démontre ce que nous disons depuis toujours : L’Anse-à-l’Orme a tout d’un parc naturel avec une biodiversité unique. Il doit donc être protégé dans son entièreté», a déclaré Sue Stacho, une citoyenne de Pierrefonds et cofondatrice du groupe Sauvons l’Anse-à-l’Orme.

Depuis la première version du rapport publié en février, les chercheurs ont identifié un plus grand nombre d’individus appartenant aux espèces à caractère précaire sur le territoire étudié, dont l’un des animaux emblématiques de la zone visée par le développement résidentiel, le goglu des prés (Dolichonyx orzivorus). En 2010, le goglu a été inscrit comme espèce menacée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Selon les chercheurs, plus de 18 couples nicheurs de goglus des prés ont été observés dans de multiples secteurs de la zone de développement.

Le rapport met aussi en relief la grande valeur des bénéfices environnementaux fournis par le boisé et les terres en friche du secteur de l’Anse à l’Orme, dont la préservation demeure essentielle à l’accomplissement de l’objectif de la Ville de Montréal de protéger 10% des superficies terrestres sur l’île, ce qui représenterait un accroissement des aires protégées d’environ 2000 hectares.

«L’Anse-à-l’Orme est manifestement un élément central de la Ceinture verte du Grand Montréal. En détruisant 185 hectares de milieux naturels, l’établissement d’une infrastructure naturelle majeure sur l’île deviendra impossible», affirme Sylvain Perron, coordonnateur du Mouvement Ceinture verte et analyste de politiques publiques à la Fondation David Suzuki.

Annoncé en 2015, le projet Cap Nature prévoit la création de 5 500 logements.

«Le territoire en jeu est presque aussi grand que le parc du Mont-Royal. Sa protection apporterait de grands bénéfices au niveau de la biodiversité, aiderait l’agglomération dans l’atteinte de ses 10% d’aires protégées et offrirait à la population un parc de grande envergure», a conclu Coralie Deny, directrice générale du Conseil régional de l’environnement de Montréal.

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Pour plus d’information :

Diego Creimer, Spécialiste, communications et affaires publiques
dcreimer@davidsuzuki.org
514-999-6743

Pour consulter et télécharger le rapport « Évaluation écologique de l’Ouest du territoire de Pierrefonds-Roxboro » : http://bit.ly/RapportPierrefonds